Formes trigonométrique et exponentielle des complexes

La forme algébrique décrit les coordonnées d'un nombre complexe. Les formes trigonométrique et exponentielle décrivent sa longueur et sa direction, ce qui simplifie les produits, les quotients et les puissances.

Le point délicat n'est pas la formule, mais le choix correct d'un argument selon le quadrant et le fait qu'un argument est défini modulo 2π2\pi.

Passer des coordonnées au module et à l’argument

Module et argument

Pour z≠0z\neq0, une écriture trigonométrique est z=r(cos⁡θ+isin⁡θ)z=r(\cos\theta+i\sin\theta), où r=∣z∣>0r=|z|\gt 0 et θ\theta est un argument de z.

On calcule d'abord r, puis on détermine simultanément le cosinus et le sinus de l'angle. Utiliser seulement une tangente peut choisir le mauvais quadrant. Le nombre nul n'a aucun argument.

Employer l’écriture exponentielle

Notation d’Euler

On note eiθ=cos⁡θ+isin⁡θe^{i\theta}=\cos\theta+i\sin\theta. Ainsi z=reiθz=re^{i\theta}, et deux arguments d'un même complexe diffèrent d'un multiple entier de 2π2\pi.

Cette notation condense la trigonométrie sans transformer iθi\theta en angle réel. Le module est le facteur positif r ; un signe négatif peut être absorbé en ajoutant π\pi à l'argument.

Multiplier, diviser et élever à une puissance

reiα×seiβ=rsei(α+β),reiαseiβ=rsei(α−β)r e^{i\alpha}\times s e^{i\beta}=rs e^{i(\alpha+\beta)},\qquad\frac{r e^{i\alpha}}{s e^{i\beta}}=\frac rs e^{i(\alpha-\beta)}

Pour une puissance entière, la formule de Moivre donne (reiθ)n=rneinθ(re^{i\theta})^n=r^ne^{in\theta}. La multiplication additionne les angles, tandis que la division les soustrait. Ces règles sont plus courtes que des développements répétés.

Revenir à la forme algébrique et résoudre une égalité polaire

Après un calcul exponentiel, on utilise les valeurs exactes de cosinus et sinus lorsque l'angle est remarquable. Pour un angle non remarquable, garder la forme exponentielle est souvent plus exact qu'une approximation décimale. Le format final dépend de la question.

Exemple de changement de forme

Pour z=−3+iz=-\sqrt3+i, le module vaut 2. Les rapports Re⁡(z)/∣z∣=−3/2\operatorname{Re}(z)/|z|=-\sqrt3/2 et Im⁡(z)/∣z∣=1/2\operatorname{Im}(z)/|z|=1/2 placent le point dans le deuxième quadrant. Un argument est donc 5π/65\pi/6, et z=2e5iπ/6z=2e^{5i\pi/6}. Le signe des deux coordonnées est ici décisif : la tangente seule donnerait aussi un angle du quatrième quadrant, incompatible avec la partie imaginaire positive.

Module et argument d'un complexe
Multiplier par un complexe multiplie les modules et additionne les arguments.

L'égalité reiα=seiβre^{i\alpha}=se^{i\beta}, avec r et s positifs, impose r=sr=s et α≡β(mod2π)\alpha\equiv\beta\pmod{2\pi}. Cette double condition évite de comparer seulement les angles. Dans une équation de puissance, plusieurs arguments peuvent représenter des solutions distinctes.

  1. mettre chaque membre sous forme exponentielle
  2. comparer les modules
  3. résoudre la congruence sur les arguments
  4. lister les solutions distinctes

Contrôler un changement de forme

Erreur fréquente : un argument trouvé par la calculatrice avec arctan ne tient pas toujours compte du quadrant.
Contrôle utile : reconstruire rcos⁡θr\cos\theta et rsin⁡θr\sin\theta permet de contrôler les deux coordonnées.

Les formules d'Euler et de Moivre donnent ensuite des identités trigonométriques. La géométrie complexe interprète ces angles dans le plan.

Les capacités de changement de forme suivent le programme officiel de mathématiques expertes en Terminale.