Géométrie complexe et racines de l’unité en Terminale

Le plan complexe traduit un quotient d'affixes en rapport de longueurs et en angle orienté. Cette correspondance remplace plusieurs calculs vectoriels par une seule expression complexe.

Les racines n-ièmes de l'unité forment ensuite un polygone régulier centré à l'origine. Leur ordre et leur répartition doivent être lus conjointement.

Associer points, vecteurs et affixes

Affixes

Si A et B ont pour affixes a et b, alors le vecteur AB→\overrightarrow{AB} a pour affixe b−ab-a. Sa longueur vaut ∣b−a∣|b-a|.

La soustraction encode le déplacement de A vers B. Inverser l'ordre change le signe et ajoute π\pi à l'argument, ce qui peut modifier un angle orienté.

Lire un quotient géométriquement

Rapport et angle

Pour trois points distincts A, B et C, le module de c−ab−a\frac{c-a}{b-a} vaut AC/ABAC/AB, et un argument mesure l'angle orienté (AB→,AC→)(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC}).

Un quotient réel caractérise des directions colinéaires. Un quotient imaginaire pur non nul caractérise des directions orthogonales. Le signe permet d'affiner l'orientation ou la position.

Démontrer un alignement ou une orthogonalité

ObjectifCondition complexe
Alignementquotient réel
Orthogonalitéquotient imaginaire pur
Même longueurmodule du quotient égal à 1
Angle donnéargument du quotient

Avant de former le quotient, on vérifie que son dénominateur n'est pas nul. La conclusion doit revenir à la géométrie : obtenir un réel ne suffit pas sans nommer les vecteurs concernés.

Exemple d’un triangle rectangle isocèle

Prenons les affixes a=0a=0, b=1b=1 et c=ic=i. Le quotient (c−a)/(b−a)=i(c-a)/(b-a)=i est imaginaire pur, donc les directions de AB et AC sont orthogonales. Son module vaut 1, donc AC=ABAC=AB. Le triangle ABC est à la fois rectangle en A et isocèle en A. Les deux informations proviennent du même quotient, mais elles utilisent deux propriétés différentes : son argument pour l'angle et son module pour les longueurs.

Décrire un lieu géométrique avec un module

Une égalité de la forme (|z-a|=r), avec (r>0), décrit le cercle de centre A d'affixe a et de rayon r. Une inégalité (|z-a|leq r) décrit le disque fermé correspondant. La traduction doit nommer le point variable M et reconnaître (|z-a|=AM).

Par exemple, (|z-(1+i)|=2) est le cercle de centre ((1,1)) et de rayon 2. Cette lecture est plus directe qu'un développement en coordonnées, mais celui-ci peut servir de contrôle.

Déterminer les racines n-ièmes de l’unité

Solutions de z puissance n égal 1

Les racines sont zk=e2ikπ/nz_k=e^{2ik\pi/n}, pour k=0,1,…,n−1k=0,1,\ldots,n-1. Elles sont distinctes et régulièrement espacées sur le cercle unité.

Ajouter n à l'indice redonne la même racine. Pour éviter les doublons, on choisit exactement n indices consécutifs. Leur somme est nulle lorsque n est supérieur à 1.

Racines de l'unité
Les racines sont les sommets d'un polygone régulier inscrit dans le cercle unité.

Reconnaître un polygone régulier

Multiplier une racine par e2iπ/ne^{2i\pi/n} fait passer au sommet suivant sans changer le module. Cette rotation explique la régularité du polygone. Une translation ou une homothétie complexe permet ensuite d'étudier un polygone de centre ou de rayon différent.

zk+1=e2iπ/nzkz_{k+1}=e^{2i\pi/n}z_k

Rédiger une preuve géométrique

Erreur fréquente : un quotient nul n'a pas d'argument. Il faut traiter les points confondus avant toute conclusion angulaire.
Contrôle utile : un schéma permet d'anticiper l'angle, mais seul le quotient d'affixes établit le résultat exact.

La forme exponentielle fournit les arguments. La factorisation contrôle le nombre de racines.

La géométrie et les racines de l'unité sont cadrées par le programme officiel de mathématiques expertes en Terminale.