Valeurs propres et vecteurs propres

Certains vecteurs ont une propriété remarquable : lorsqu'on leur applique une transformation linéaire, ils ne changent pas de direction. Ils sont simplement étirés ou compressés d'un facteur scalaire. Ce facteur, c'est une valeur propre ; le vecteur correspondant est un vecteur propre. Ces deux notions sont au cœur de la réduction des endomorphismes et interviennent dans des domaines aussi variés que la physique quantique, les statistiques (analyse en composantes principales) ou l'informatique (algorithme PageRank de Google). Ce cours présente la définition, le polynôme caractéristique, les sous-espaces propres et une méthode de calcul complète, illustrée par un exemple pas à pas.

Définition des valeurs propres et des vecteurs propres

Avant d'entrer dans la mécanique du calcul, il faut s'entendre sur ce qu'est une application linéaire de référence : on travaille ici avec une matrice carrée AMn(K)A \in \mathcal{M}_n(\mathbb{K}), où K\mathbb{K} désigne le corps des nombres réels R\mathbb{R} ou complexes C\mathbb{C}, et nn est la taille de la matrice (nombre de lignes = nombre de colonnes).

Définition formelle

Soit AMn(K)A \in \mathcal{M}_n(\mathbb{K}). On dit que λK\lambda \in \mathbb{K} est une valeur propre de AA s'il existe un vecteur colonne non nul XKnX \in \mathbb{K}^n, X0X \neq 0, tel que :

AX=λXAX = \lambda X

Un tel vecteur X0X \neq 0 est appelé vecteur propre de AA associé à la valeur propre λ\lambda. L'ensemble de toutes les valeurs propres de AA s'appelle le spectre de AA et se note Sp(A)\mathrm{Sp}(A).

En français courant : la matrice AA agit sur XX exactement comme une simple multiplication par le nombre λ\lambda. Le vecteur ne change pas de direction (ou s'inverse si λ<0\lambda < 0), il est seulement mis à l'échelle d'un facteur λ\lambda. La notation λ\lambda (lambda) est la lettre grecque conventionnellement utilisée pour désigner une valeur propre.

⚠️ Erreur fréquente : Un vecteur propre doit être non nul. Le vecteur nul vérifie toujours A0=λ0A \cdot 0 = \lambda \cdot 0 quelle que soit la valeur de λ\lambda ; il est donc exclu par définition. Confondre cela conduit à des erreurs lors de la détermination des sous-espaces propres.

À partir de la relation AX=λXAX = \lambda X, on peut réécrire :

(AλIn)X=0(A - \lambda I_n) X = 0

InI_n désigne la matrice identité de taille nn (celle dont les coefficients diagonaux valent 1 et tous les autres 0). Cette reformulation est la clé pratique : λ\lambda est valeur propre si et seulement si le système linéaire homogène ci-dessus admet une solution non triviale, c'est-à-dire différente du vecteur nul.

Conditions d’existence : le polynôme caractéristique

La reformulation (AλIn)X=0(A - \lambda I_n)X = 0 admet une solution non nulle si et seulement si la matrice (AλIn)(A - \lambda I_n) n'est pas inversible ; autrement dit, si son déterminant est nul. C'est de cette observation simple que naît l'outil central du calcul des valeurs propres.

Le polynôme caractéristique

Le polynôme caractéristique de la matrice AMn(K)A \in \mathcal{M}_n(\mathbb{K}) est le polynôme en l'indéterminée λ\lambda défini par :

χA(λ)=det(AλIn)\chi_A(\lambda) = \det(A - \lambda I_n)

C'est un polynôme de degré nn en λ\lambda.

Théorème fondamental : λ\lambda est une valeur propre de AA si et seulement si χA(λ)=0\chi_A(\lambda) = 0. En d'autres termes, les valeurs propres sont exactement les racines du polynôme caractéristique.

Pour une matrice 2×22 \times 2, ce déterminant se calcule explicitement :

χA(λ)=det(aλbcdλ)=(aλ)(dλ)bc=λ2(a+d)λ+(adbc)\chi_A(\lambda) = \det\begin{pmatrix} a - \lambda & b \\ c & d - \lambda \end{pmatrix} = (a - \lambda)(d - \lambda) - bc = \lambda^2 - (a+d)\lambda + (ad - bc)

On reconnaît que a+d=Tr(A)a + d = \mathrm{Tr}(A) (la trace, somme des éléments diagonaux) et adbc=det(A)ad - bc = \det(A). C'est un résultat général : la trace est la somme des valeurs propres, et le déterminant est leur produit.

La notion de multiplicité algébrique d'une valeur propre λi\lambda_i désigne son ordre de multiplicité en tant que racine du polynôme caractéristique. Par exemple, si χA(λ)=(λ3)2(λ+1)\chi_A(\lambda) = (\lambda - 3)^2(\lambda + 1), alors λ=3\lambda = 3 a multiplicité algébrique 2 et λ=1\lambda = -1 a multiplicité algébrique 1.

Sous-espaces propres et spectre de la matrice

Connaître une valeur propre λ\lambda ne suffit pas : il faut encore identifier l'ensemble de tous les vecteurs propres qui lui sont associés, ce qui nous amène à la notion de sous-espace propre.

Théorème : Sous-espace propre associé à une valeur propre

Soit λSp(A)\lambda \in \mathrm{Sp}(A) une valeur propre de AA. L'ensemble

Eλ(A)=ker(AλIn)={XKnAX=λX}E_\lambda(A) = \ker(A - \lambda I_n) = \{X \in \mathbb{K}^n \mid AX = \lambda X\}

est un sous-espace vectoriel de Kn\mathbb{K}^n, appelé sous-espace propre associé à λ\lambda. Sa dimension est supérieure ou égale à 1 et inférieure ou égale à la multiplicité algébrique de λ\lambda.

La dimension du sous-espace propre EλE_\lambda s'appelle la multiplicité géométrique de λ\lambda. La différence entre multiplicité algébrique et géométrique est au cœur du critère de diagonalisabilité, que nous aborderons plus loin dans ce cours. Pour en savoir plus sur la diagonalisation et ses applications, vous pouvez consulter notre article sur la diagonalisation d'une matrice.

Théorème d'indépendance des sous-espaces propres : Si λ1,,λr\lambda_1, \dots, \lambda_r sont des valeurs propres deux à deux distinctes de AA, alors les sous-espaces propres Eλ1,,EλrE_{\lambda_1}, \dots, E_{\lambda_r} sont en somme directe ; autrement dit, des vecteurs propres associés à des valeurs propres distinctes sont toujours linéairement indépendants. Ce résultat est fondamental : il garantit qu'une matrice possédant nn valeurs propres distinctes est automatiquement diagonalisable.

Propriétés clés des valeurs propres

Ces propriétés sont les raccourcis que tout bon praticien utilise pour vérifier ses calculs ou gagner du temps lors des examens.

Propriété 1 : Trace et somme des valeurs propres

Pour toute matrice AMn(K)A \in \mathcal{M}_n(\mathbb{K}) dont les valeurs propres (comptées avec multiplicité algébrique) sont λ1,,λn\lambda_1, \dots, \lambda_n :

Tr(A)=λ1+λ2++λn\mathrm{Tr}(A) = \lambda_1 + \lambda_2 + \cdots + \lambda_n

Propriété 2 : Déterminant et produit des valeurs propres

det(A)=λ1×λ2××λn\det(A) = \lambda_1 \times \lambda_2 \times \cdots \times \lambda_n

En particulier, AA est inversible si et seulement si 0 n'est pas valeur propre de AA.

Propriété 3 : Matrices semblables et même spectre

Si AA et BB sont semblables, c'est-à-dire s'il existe une matrice inversible PP telle que B=P1APB = P^{-1}AP, alors AA et BB ont le même polynôme caractéristique, donc le même spectre. Le changement de base ne modifie pas les valeurs propres.

Propriété 4 : Matrices triangulaires

Les valeurs propres d'une matrice triangulaire (supérieure ou inférieure) sont exactement ses coefficients diagonaux. C'est une conséquence immédiate du fait que le déterminant d'une matrice triangulaire est le produit de sa diagonale.

⚠️ Erreur fréquente : Deux matrices semblables ont le même spectre, mais leurs sous-espaces propres sont différents (ils sont dans des bases différentes). Il est donc incorrect de réutiliser les vecteurs propres d'une matrice pour une matrice semblable sans effectuer le changement de base.

Propriété 5 : Valeurs propres de AkA^k et de A1A^{-1}

Si λ\lambda est valeur propre de AA avec le vecteur propre XX, alors :

  • λk\lambda^k est valeur propre de AkA^k (pour tout entier k1k \geq 1), avec le même vecteur propre XX.
  • Si AA est inversible, 1λ\frac{1}{\lambda} est valeur propre de A1A^{-1}, avec le même vecteur propre XX.

L’intuition géométrique : ce que signifie vraiment une valeur propre

Après ces formules, prenons du recul et demandons-nous : que se passe-t-il géométriquement ?

Pensez à une transformation du plan R2\mathbb{R}^2. En général, si vous prenez un vecteur quelconque et appliquez la transformation, il part dans une direction imprévisible. Mais il existe des directions privilégiées (des axes) que la transformation laisse invariants. Le vecteur se déplace le long de son propre axe, simplement allongé (si λ>1\lambda > 1), compressé (si 0<λ<10 < \lambda < 1), inversé (si λ<0\lambda < 0) ou inchangé (si λ=1\lambda = 1). Ces axes sont les directions des vecteurs propres, et les facteurs d'échelle correspondants sont les valeurs propres.

Voici une analogie concrète : imaginez tirer un élastique attaché à un point fixe. Dans la plupart des directions, l'élastique dévie. Mais dans quelques directions particulières, il s'étire exactement dans la même direction qu'il pointe. Ce sont les directions propres, et le ratio d'étirement est la valeur propre.

Un cas particulier instructif : une rotation d'angle θ0,π\theta \neq 0, \pi dans R2\mathbb{R}^2 n'admet aucune valeur propre réelle ; aucune direction réelle n'est laissée invariante par une rotation non triviale. En revanche, la même rotation vue dans C2\mathbb{C}^2 admet bien des valeurs propres complexes.

Un autre cas parlant est celui d'une projection orthogonale sur une droite : les vecteurs sur la droite sont laissés inchangés (valeur propre 1), et les vecteurs perpendiculaires sont envoyés sur zéro (valeur propre 0). On retrouve ainsi que les valeurs propres d'un projecteur sont 0 et 1.

Interprétation graphique : les directions propres dans le plan

La meilleure façon de fixer l'intuition est de visualiser comment une transformation linéaire agit différemment sur les vecteurs propres et sur les vecteurs ordinaires.

Ce diagramme illustre pourquoi les valeurs propres sont si utiles : une fois que l'on connaît les directions propres, on peut décomposer n'importe quel vecteur dans cette base et la transformation devient triviale ; une simple multiplication scalaire sur chaque composante. C'est précisément l'essence de la diagonalisation.

Méthode de calcul pas à pas (Exemple complet)

Passons maintenant à la pratique avec un exemple entièrement détaillé qui illustre la méthode générale applicable à toute matrice carrée.

Objectif : Calculer les valeurs propres et les sous-espaces propres de la matrice :

A=(210031002)A = \begin{pmatrix} 2 & 1 & 0 \\ 0 & 3 & 1 \\ 0 & 0 & 2 \end{pmatrix}

Étape 1 : Calculer le polynôme caractéristique χA(λ)\chi_A(\lambda)

On calcule det(AλI3)\det(A - \lambda I_3) :

χA(λ)=det(2λ1003λ1002λ)\chi_A(\lambda) = \det\begin{pmatrix} 2-\lambda & 1 & 0 \\ 0 & 3-\lambda & 1 \\ 0 & 0 & 2-\lambda \end{pmatrix}

La matrice AλI3A - \lambda I_3 est triangulaire supérieure : son déterminant est simplement le produit des termes diagonaux.

χA(λ)=(2λ)2(3λ)\chi_A(\lambda) = (2 - \lambda)^2 (3 - \lambda)

Étape 2 : Trouver les racines du polynôme caractéristique

On résout χA(λ)=0\chi_A(\lambda) = 0 :

  • λ1=2\lambda_1 = 2 avec multiplicité algébrique 2
  • λ2=3\lambda_2 = 3 avec multiplicité algébrique 1

Le spectre est donc Sp(A)={2,3}\mathrm{Sp}(A) = \{2, 3\}.

Étape 3 : Calculer le sous-espace propre pour λ1=2\lambda_1 = 2

On résout (A2I3)X=0(A - 2I_3)X = 0 :

A2I3=(010011000)A - 2I_3 = \begin{pmatrix} 0 & 1 & 0 \\ 0 & 1 & 1 \\ 0 & 0 & 0 \end{pmatrix}

Le système (A2I3)X=0(A - 2I_3)X = 0 s'écrit :

{y=0y+z=0    y=0,  z=0,  x libre\begin{cases} y = 0 \\ y + z = 0 \end{cases} \implies y = 0,\; z = 0,\; x \text{ libre}

Donc :

E2(A)=ker(A2I3)=vect ⁣{(100)}E_2(A) = \ker(A - 2I_3) = \mathrm{vect}\!\left\{\begin{pmatrix}1\\0\\0\end{pmatrix}\right\}

La multiplicité géométrique de λ1=2\lambda_1 = 2 est 1, strictement inférieure à sa multiplicité algébrique 2. Cela signifie que la matrice n'est pas diagonalisable sur R\mathbb{R}.

⚠️ Erreur fréquente : Lorsqu'une valeur propre a une multiplicité algébrique de 2, beaucoup d'étudiants s'attendent automatiquement à un sous-espace propre de dimension 2. C'est faux en général : la dimension du sous-espace propre peut être strictement inférieure à la multiplicité algébrique. La diagonalisabilité exige précisément que ces deux nombres soient égaux pour chaque valeur propre.

Étape 4 : Calculer le sous-espace propre pour λ2=3\lambda_2 = 3

On résout (A3I3)X=0(A - 3I_3)X = 0 :

A3I3=(110001001)A - 3I_3 = \begin{pmatrix} -1 & 1 & 0 \\ 0 & 0 & 1 \\ 0 & 0 & -1 \end{pmatrix}

Le système donne :

{x+y=0z=0    x=y,  z=0,  x libre\begin{cases} -x + y = 0 \\ z = 0 \end{cases} \implies x = y,\; z = 0,\; x \text{ libre}

Donc :

E3(A)=vect ⁣{(110)}E_3(A) = \mathrm{vect}\!\left\{\begin{pmatrix}1\\1\\0\end{pmatrix}\right\}

Récapitulatif

Valeur propre λ\lambdaMultiplicité algébriqueMultiplicité géométriqueVecteur propre
λ1=2\lambda_1 = 221(1,0,0)T(1, 0, 0)^T
λ2=3\lambda_2 = 311(1,1,0)T(1, 1, 0)^T

Vérification via la trace : Tr(A)=2+3+2=7=2+2+3\mathrm{Tr}(A) = 2 + 3 + 2 = 7 = 2 + 2 + 3. ✓
Vérification via le déterminant : det(A)=2×3×2=12=2×2×3\det(A) = 2 \times 3 \times 2 = 12 = 2 \times 2 \times 3. ✓

Conclusion : Ce qu’il faut retenir sur les valeurs propres

Les valeurs propres sont bien plus qu'un outil de calcul : elles révèlent la structure intime d'une transformation linéaire. En résumé, voici les points essentiels à maîtriser. Pour trouver les valeurs propres, on calcule les racines du polynôme caractéristique det(AλIn)=0\det(A - \lambda I_n) = 0. Pour chaque valeur propre, on détermine le sous-espace propre associé en résolvant le système homogène (AλIn)X=0(A - \lambda I_n)X = 0. La trace est la somme des valeurs propres, et le déterminant est leur produit ; deux vérifications rapides indispensables. Enfin, une matrice est diagonalisable si et seulement si la multiplicité géométrique de chaque valeur propre est égale à sa multiplicité algébrique.

Maîtriser les valeurs propres ouvre la voie à des sujets profondément connectés : pour aller plus loin, vous pouvez explorer notre article sur le polynôme caractéristique et ses propriétés, puis approfondir les applications avec notre guide sur les systèmes différentiels linéaires, où les valeurs propres fournissent directement la forme des solutions.

Pour une référence encyclopédique complémentaire, la page Diagonalisation ; Wikipédia offre une vue d'ensemble utile avec de nombreux exemples supplémentaires.

Questions fréquentes sur les valeurs propres

Comment trouver les valeurs propres d’une matrice ?

Pour trouver les valeurs propres d'une matrice AA de taille n×nn \times n, on résout l'équation caractéristique det(AλIn)=0\det(A - \lambda I_n) = 0. Le membre gauche est le polynôme caractéristique de AA, un polynôme de degré nn en λ\lambda. Ses racines (réelles ou complexes) sont précisément les valeurs propres. Pour chaque valeur propre λi\lambda_i trouvée, on calcule ensuite les vecteurs propres associés en résolvant le système homogène (AλiIn)X=0(A - \lambda_i I_n)X = 0.

Quelle est la différence entre valeur propre et vecteur propre ?

Une valeur propre λ\lambda est un scalaire : c'est le facteur d'échelle selon lequel un vecteur non nul est étiré ou rétréci par la transformation. Un vecteur propre X0X \neq 0 est la direction qui subit précisément cet étirement sans changer de sens. Ils sont liés par AX=λXAX = \lambda X : la matrice agit sur le vecteur propre exactement comme la multiplication par le scalaire λ\lambda.

À quoi servent les valeurs propres en pratique ?

Les valeurs propres interviennent dans la diagonalisation de matrices (pour calculer des puissances ou des exponentielles de matrices), la résolution de systèmes différentiels linéaires, l'analyse en composantes principales (ACP) en statistiques, la mécanique quantique (les valeurs propres d'un opérateur correspondent aux grandeurs mesurables), les algorithmes de PageRank (Google) et l'analyse de stabilité des systèmes dynamiques.

Quand une matrice est-elle diagonalisable ?

Une matrice AA de taille n×nn \times n est diagonalisable sur K\mathbb{K} si et seulement si : (1) son polynôme caractéristique est scindé sur K\mathbb{K} (toutes ses racines sont dans K\mathbb{K}), et (2) pour chaque valeur propre λi\lambda_i, la multiplicité géométrique (dimension du sous-espace propre EλiE_{\lambda_i}) est égale à la multiplicité algébrique. En particulier, toute matrice admettant nn valeurs propres distinctes est automatiquement diagonalisable.

Quel est le lien entre valeurs propres, trace et déterminant ?

Pour une matrice carrée AA de taille n×nn \times n avec valeurs propres λ1,,λn\lambda_1, \dots, \lambda_n (comptées avec multiplicité) : la trace de AA est la somme des valeurs propres Tr(A)=λ1++λn\mathrm{Tr}(A) = \lambda_1 + \cdots + \lambda_n, et le déterminant de AA est leur produit det(A)=λ1××λn\det(A) = \lambda_1 \times \cdots \times \lambda_n. Ces relations découlent du développement du polynôme caractéristique et permettent de vérifier rapidement un calcul ou de retrouver une valeur propre manquante.