Suites arithmétiques et géométriques : formules, exercices
Les suites arithmétiques et géométriques constituent des outils mathématiques fondamentaux pour modéliser des phénomènes naturels comme la croissance démographique, les intérêts bancaires ou encore les progressions temporelles. Ce cours présente de manière claire et structurée les définitions, propriétés et formules essentielles pour maîtriser ces concepts au niveau seconde et première scientifique.
Propriétés fondamentales des suites numériques
Soit (un)n∈I une suite numérique définie sur un ensemble d'indices I.
Suite majorée, minorée et bornée
Suite majorée : La suite (un) est majorée s'il existe un réel M tel que :Condition de majoration d'une suiteun≤M∀n∈I
Suite minorée : La suite (un) est minorée s'il existe un réel m tel que :Condition de minoration d'une suitem≤un∀n∈I
Suite bornée : Une suite est bornée si elle est à la fois majorée et minorée. Autrement dit, il existe un réel positif M tel que :Caractérisation d'une suite bornée∣un∣≤M∀n∈I
Suite croissante et décroissante
Suite croissante :(un) est croissante si :Condition de croissanceun+1≥un∀n∈I
Suite décroissante :(un) est décroissante si :Condition de décroissanceun+1≤un∀n∈I
Propriété clé : Toute suite convergente est bornée.
Si une suite admet une limite finiel, cette limite est unique.
Toute suite croissante et majorée est convergente.
Toute suite décroissante et minorée est convergente.
Toute suite croissante et non majorée tend vers +∞.
Toute suite décroissante et non minorée tend vers −∞.
Suite arithmétique : Définition et formules
Une suite (un)n∈I est dite arithmétique s'il existe un réel r appelé raison tel que :Relation de récurrence d'une suite arithmétiqueun+1=un+r∀n∈I(1)
Le réel r est la raison de la suite arithmétique. Si r>0, la suite est croissante ; si r<0, elle est décroissante ; si r=0, la suite est constante.
Terme général d’une suite arithmétique
Si (un) est une suite arithmétique de raison r et up l'un de ses termes, alors :Expression du terme généralun=up+(n−p)⋅r∀n∈I(2)
Exemple d'application
Soit la suite arithmétique (un) définie par u0=3 et de raison r=5. Calculons u10 :
u10=u0+(10−0)⋅5=3+50=53
Somme des termes consécutifs
La somme des termes d'une suite arithmétique entre les rangs p et n (avec n≥p) est donnée par :Formule de la somme des termes consécutifsSn=up+up+1+…+un=2(n−p+1)(up+un)(3)
Exemple de calcul de somme
Calculons la somme des 11 premiers termes de la suite précédente (u0=3,r=5) :
S10=2(10−0+1)(u0+u10)=211×(3+53)=211×56=308
Suite géométrique : Définition et formules
Une suite (un)n∈I est dite géométrique s'il existe un réel q=0 appelé raison tel que :Relation de récurrence d'une suite géométriqueun+1=q⋅un∀n∈I(4)
Le réel q est la raison de la suite géométrique. Le comportement de la suite dépend de la valeur de q :
Si q>1 et u0>0, la suite croît vers +∞.
Si 0<q<1, la suite décroît vers 0.
Si q=1, la suite est constante.
Si q<0, la suite alterne de signe.
Terme général d’une suite géométrique
Si (un) est une suite géométrique de raison q et p un entier naturel, alors :Expression du terme généralun=up⋅qn−p∀n∈I(5)
Exemple d'application
Soit la suite géométrique (vn) définie par v0=2 et de raison q=3. Calculons v6 :
v6=v0⋅36−0=2⋅36=2⋅729=1458
Somme des termes consécutifs
La somme des termes d'une suite géométrique dépend de la valeur de q :Cas 1 : Si q=1, alors :Somme avec raison égale à 1Sn=up+up+1+…+un=(n−p+1)⋅upCas 2 : Si q=1, alors :Somme avec raison différente de 1Sn=up+up+1+…+un=up⋅1−q1−qn−p+1(6)
Exemple de calcul de somme
Calculons la somme des 7 premiers termes de la suite (v0=2,q=3) :
Les opérations algébriques sur les limites suivent des règles précises. Attention aux formes indéterminées suivantes :
+∞−∞ : forme indéterminée
0×∞ : forme indéterminée
∞∞ : forme indéterminée
00 : forme indéterminée
Remarques importantes
La limite d'une suite polynôme est la limite de son terme de plus haut degré.
La limite d'une suite rationnelle (quotient de deux polynômes) est la limite du rapport des termes de plus haut degré.
Théorèmes de comparaison
Soient (un), (vn) et (wn) trois suites :
Théorème 1 : Si (un) converge vers L et si un≥0 à partir d'un certain rang, alors L≥0.
Théorème 2 : Si (un) et (vn) convergent respectivement vers L et M, et si vn≤un à partir d'un certain rang, alors M≤L.
Théorème 3 : Si vn≤un à partir d'un certain rang et si n→+∞limvn=+∞, alors n→+∞limun=+∞.
Théorème des gendarmes : Si wn≤un≤vn à partir d'un certain rang, et si n→+∞limwn=n→+∞limvn=l, alors n→+∞limun=l.
Limites des suites de forme an
Soit a un réel :
Si a>1, alors n→+∞liman=+∞
Si −1<a<1, alors n→+∞liman=0
Si a≤−1, alors an n'a pas de limite
Pour p∈N∗ : n→+∞limnp=+∞
Suites définies par une relation de récurrence
Soit f une fonction définie sur un intervalle I et (un) une suite numérique telle que :
f est continue sur I
f(I)⊂I (l'image de I par f est incluse dans I)
un+1=f(un) pour tout n∈N
u0∈I (donc un∈I pour tout n)
(un) est convergente
Théorème du point fixe : Alors la suite (un) tend vers l, où l est solution de l'équation :Équation du point fixef(x)=x
Méthodologie d'étude
Vérifier que tous les termes appartiennent à l'intervalle I (par récurrence).
Étudier la monotonie de la suite (croissance ou décroissance).
Montrer que la suite est bornée.
Conclure sur la convergence grâce aux théorèmes de convergence monotone.
Résoudre l'équation f(x)=x pour trouver la limite.
Limite d’une suite composée
Soit f une fonction continue sur un intervalle I et (un) une suite numérique telle que un∈I à partir d'un certain rang.
Théorème : Si n→+∞limun=l et si f est continue en l, alors :Limite de la suite composéen→+∞limf(un)=f(l)
Exemple d'application
Soit un=n1. On sait que n→+∞limun=0. Calculons n→+∞limcos(un) :
La fonction cos est continue en 0, donc :n→+∞limcos(n1)=cos(0)=1
Résumé des formules essentielles
Suite arithmétique
Relation de récurrence :un+1=un+r
Terme général :un=up+(n−p)⋅r
Somme :Sn=2(n−p+1)(up+un)
Suite géométrique
Relation de récurrence :un+1=q⋅un
Terme général :un=up⋅qn−p
Somme (si q=1) :Sn=(n−p+1)⋅up
Somme (si q=1) :Sn=up⋅1−q1−qn−p+1
Limites de référence
n→+∞limnp=+∞ pour p>0
n→+∞limnp1=0 pour p>0
n→+∞liman=+∞ si a>1
n→+∞liman=0 si ∣a∣<1
Questions fréquentes sur les suites arithmétiques et géométriques
Comment reconnaître une suite arithmétique ?
Une suite est arithmétique si la différence entre deux termes consécutifs est constante. Cette différence s'appelle la raisonr. Vérifiez que un+1−un=r pour tout n.
Comment reconnaître une suite géométrique ?
Une suite est géométrique si le quotient de deux termes consécutifs est constant. Ce quotient s'appelle la raisonq. Vérifiez que unun+1=q pour tout n (avec un=0).
Quelle est la différence entre suite arithmétique et géométrique ?
Dans une suite arithmétique, on ajoute une constante (la raison r) pour passer d'un terme au suivant. Dans une suite géométrique, on multiplie par une constante (la raison q) pour passer d'un terme au suivant.
Comment calculer la somme des termes d’une suite arithmétique ?
Pour calculer la somme de n−p+1 termes consécutifs d'une suite arithmétique, utilisez la formule : S=2nombre de termes×(premier terme+dernier terme). Par exemple, la somme des entiers de 1 à 100 est 2100×(1+100)=5050.
Une suite arithmétique peut-elle être convergente ?
Oui, uniquement si la raison r=0, auquel cas la suite est constante et converge vers sa valeur initiale. Si r=0, la suite arithmétique diverge vers +∞ (si r>0) ou vers −∞ (si r<0).
Quelles sont les applications pratiques des suites géométriques ?
Les suites géométriques modélisent de nombreux phénomènes : croissance démographique exponentielle, calcul d'intérêts composés en finance, désintégration radioactive en physique, propagation de virus, et amortissement de dettes.
Comment déterminer si une suite géométrique converge ?
Une suite géométrique de raison q converge vers 0 si et seulement si ∣q∣<1. Elle converge vers u0 si q=1. Dans tous les autres cas (∣q∣≥1 avec q=1), la suite diverge.
Que signifie une forme indéterminée dans le calcul de limites ?
Une forme indéterminée (comme ∞∞ ou +∞−∞) signifie qu'on ne peut pas conclure directement sur la limite. Il faut transformer l'expression (factorisation, mise au même dénominateur, etc.) pour lever l'indétermination.
Pour aller plus loin
La maîtrise des suites arithmétiques et géométriques constitue un fondement essentiel pour aborder des notions plus avancées en mathématiques : séries numériques, suites récurrentes complexes, analyse asymptotique et équations aux différences. Ces concepts trouvent également des applications directes en sciences physiques, en économie et en informatique.« C'est en forgeant que l'on devient forgeron », dit le proverbe. De même, c'est en s'entraînant régulièrement aux calculs et exercices que l'on devient un bon mathématicien. N'hésitez pas à pratiquer avec des exercices corrigés pour consolider votre compréhension.
Conseil pratique : Pour mémoriser les formules, créez des fiches de révision avec :
Les définitions précises de chaque type de suite
Les formules du terme général et de la somme
Des exemples types résolus pas à pas
Les pièges classiques à éviter (confusion entre raison additive et multiplicative)