Séries entières : cours complet, rayon de convergence et DSE

Les séries entières constituent l'un des objets centraux de l'analyse en classes préparatoires et en licence de mathématiques. Elles permettent de représenter des fonctions comme des « polynômes infinis », d'étudier leur convergence grâce au rayon de convergence, et d'obtenir des développements explicites pour les fonctions usuelles telles que exp\exp, sin\sin, cos\cos ou ln(1+x)\ln(1+x). Ce cours, conforme au programme français de CPGE et de licence, vous guide pas à pas : de la définition au lemme d'Abel, des critères pratiques de calcul du rayon aux puissants théorèmes de régularité.

Définition d’une série entière

Soit (an)nN(a_n)_{n \in \mathbb{N}} une suite de nombres réels ou complexes. On appelle série entière de variable zCz \in \mathbb{C} (ou xRx \in \mathbb{R}) la série de fonctions

Définition.

n=0+anzn  =  a0+a1z+a2z2+a3z3+\sum_{n=0}^{+\infty} a_n z^n \;=\; a_0 + a_1 z + a_2 z^2 + a_3 z^3 + \cdots

Les nombres ana_n sont appelés les coefficients de la série entière. La variable zz est réelle ou complexe selon le contexte.

Du point de vue structurel, une série entière n'est rien d'autre qu'une série de fonctions dont le terme général est un(z)=anznu_n(z) = a_n z^n. Elle généralise donc la notion de polynôme en autorisant une infinité de termes. La question fondamentale est : pour quelles valeurs de zz cette somme infinie converge-t-elle ?

Vocabulaire et premières remarques

On ne confondra pas la série entière, qui est une série de fonctions, avec une série numérique particulière anz0n\sum a_n z_0^n obtenue en fixant z=z0z = z_0. Cette dernière est un cas particulier de la première.

Par convention, on pose z0=1z^0 = 1 même pour z=0z = 0, de sorte que la série vaut a0a_0 en z=0z = 0. Elle converge donc toujours en 00.

Séries entières lacunaires

Certaines séries entières ont une infinité de coefficients nuls. Par exemple n0anz2n\sum_{n \geq 0} a_n z^{2n} (seules les puissances paires apparaissent) ou n0znn!\sum_{n \geq 0} \frac{z^n}{n!}. Pour ces séries, on ne peut pas appliquer directement la règle de d'Alembert terme à terme sur les ana_n ; il faut travailler directement sur les termes de la série.

Lemme d’Abel et rayon de convergence d’une série entière

Le résultat qui structure toute l'étude des séries entières est le lemme d'Abel. Il révèle que la convergence d'une série entière en un point entraîne automatiquement sa convergence (absolue et même normale sur des disques fermés) en tout point plus proche de l'origine.

Lemme d'Abel.

Soit anzn\sum a_n z^n une série entière et soit z0Cz_0 \in \mathbb{C} avec z00z_0 \neq 0. Si la suite (anz0n)nN(a_n z_0^n)_{n \in \mathbb{N}} est bornée, alors pour tout zCz \in \mathbb{C} vérifiant z<z0|z| < |z_0|, la série anzn\sum a_n z^n est absolument convergente.

Preuve du lemme d’Abel

Supposons qu'il existe M0M \geq 0 tel que anz0nM|a_n z_0^n| \leq M pour tout nNn \in \mathbb{N}. Soit zz avec z<z0|z| < |z_0| et posons q=zz0[0,1[q = \dfrac{|z|}{|z_0|} \in [0, 1[. Alors :

anzn=anz0nzz0nMqn.|a_n z^n| = |a_n z_0^n| \cdot \left|\frac{z}{z_0}\right|^n \leq M \, q^n.

La série géométrique Mqn\sum M q^n converge car 0q<10 \leq q < 1. Par comparaison, anzn\sum |a_n z^n| converge, ce qui établit la convergence absolue de anzn\sum a_n z^n. \square

Le rayon de convergence

Le lemme d'Abel montre que l'ensemble des modules r0r \geq 0 pour lesquels la suite (anrn)(a_n r^n) est bornée est un intervalle de la forme [0,R[[0, R[ ou [0,R][0, R]. Cela justifie la définition suivante.

Définition : Rayon de convergence.

On appelle rayon de convergence de la série entière anzn\sum a_n z^n la borne supérieure :

R=sup{r0    (anrn)n est borneˊe}    R+{+}.R = \sup\bigl\{\, r \geq 0 \; \; (a_n r^n)_{n} \text{ est bornée}\,\bigr\} \;\in\; \mathbb{R}_+ \cup \{+\infty\}.

Le rayon RR peut valoir 00, un réel strictement positif fini, ou ++\infty.

Théorème : Domaine de convergence.

Soit anzn\sum a_n z^n une série entière de rayon de convergence RR. Pour tout zCz \in \mathbb{C} :

  • Si z<R|z| < R, la série converge absolument.
  • Si z>R|z| > R, la série diverge grossièrement (le terme général ne tend pas vers 00).
  • Si z=R|z| = R (cercle de convergence), on ne peut rien conclure en général : la série peut converger ou diverger selon le point et selon la série.

Le disque ouvert de convergence

On appelle disque ouvert de convergence l'ensemble D(0,R)={zC    z<R}D(0, R) = \{z \in \mathbb{C} \; \; |z| < R\}. Lorsqu'on travaille avec des variables réelles, le disque ouvert de convergence devient l'intervalle ouvert de convergence ]R,R[]-R, R[.

Attention. Le cercle {z    z=R}\{z \; \; |z| = R\} s'appelle le cercle d'incertitude : il faut étudier chaque point séparément. Par exemple, znn2\sum \frac{z^n}{n^2} converge absolument sur tout le cercle z=1|z|=1, tandis que zn\sum z^n diverge en tout point de ce même cercle.

Comment calculer le rayon de convergence : règle de d’Alembert et formule de Cauchy-Hadamard

En pratique, deux outils permettent de déterminer le rayon de convergence d'une série entière.

Règle de d’Alembert pour les séries entières

Règle de d'Alembert.

Soit anzn\sum a_n z^n une série entière dont les coefficients ana_n sont tous non nuls à partir d'un certain rang. Si la limite suivante existe (finie ou infinie) :

=limn+an+1an,\ell = \lim_{n \to +\infty} \left|\frac{a_{n+1}}{a_n}\right|,

alors le rayon de convergence vaut R=1R = \dfrac{1}{\ell}, avec la convention 10=+\dfrac{1}{0} = +\infty et 1+=0\dfrac{1}{+\infty} = 0.

Intuition. Fixer zz et poser un=anznu_n = |a_n z^n|. On a un+1un=an+1anzz\dfrac{u_{n+1}}{u_n} = \left|\dfrac{a_{n+1}}{a_n}\right| \cdot |z| \to \ell |z|. La série converge si z<1\ell|z| < 1, c'est-à-dire z<1/=R|z| < 1/\ell = R.

Formule de Cauchy-Hadamard

Formule de Cauchy-Hadamard.

Pour toute série entière anzn\sum a_n z^n, le rayon de convergence est :

1R=lim supn+an1/n.\frac{1}{R} = \limsup_{n \to +\infty} |a_n|^{1/n}.

Cette formule est toujours valable, même lorsque les coefficients s'annulent.

La formule de Cauchy-Hadamard est plus générale que la règle de d'Alembert : elle s'applique même aux séries lacunaires et ne requiert pas l'existence d'une limite (elle utilise la limite supérieure). En pratique, lorsque les coefficients sont non nuls et que le rapport an+1/an|a_{n+1}/a_n| converge, les deux formules donnent le même résultat et la règle de d'Alembert est souvent plus rapide à appliquer.

Exemples fondamentaux

Série géométrique. n0zn\sum_{n \geq 0} z^n. Ici an=1a_n = 1, donc an+1/an=11|a_{n+1}/a_n| = 1 \to 1 et R=1R = 1. Pour z<1|z| < 1, la somme vaut 11z\dfrac{1}{1-z}.

Série exponentielle. n0znn!\sum_{n \geq 0} \dfrac{z^n}{n!}. On calcule an+1an=1n+10\left|\dfrac{a_{n+1}}{a_n}\right| = \dfrac{1}{n+1} \to 0, donc R=+R = +\infty. La série converge pour tout zCz \in \mathbb{C} et sa somme définit la fonction exponentielle complexe eze^z.

Série à rayon nul. n0n!zn\sum_{n \geq 0} n! \, z^n. On a an+1an=n+1+\left|\dfrac{a_{n+1}}{a_n}\right| = n+1 \to +\infty, donc R=0R = 0 : la série ne converge que pour z=0z = 0.

Convergence normale sur les disques fermés

Théorème : Convergence normale.

Soit anzn\sum a_n z^n une série entière de rayon de convergence R>0R > 0 et soit r]0,R[r \in ]0, R[. Alors la série converge normalement sur le disque fermé D(0,r)={z    zr}\overline{D}(0, r) = \{z \; \; |z| \leq r\}.

Preuve. Pour tout zz tel que zr|z| \leq r et pour tout nNn \in \mathbb{N} :

supzranzn=anrn.\sup_{|z| \leq r} |a_n z^n| = |a_n| r^n.

Puisque r<Rr < R, la série anrn\sum |a_n| r^n converge (conséquence du lemme d'Abel : en choisissant rr' tel que r<r<Rr < r' < R, la suite (anrn)(a_n r'^n) est bornée et on conclut par comparaison avec une série géométrique). La convergence normale s'ensuit. \square

Attention. Il n'y a en général pas de convergence normale sur le disque ouvert entier D(0,R)D(0, R), seulement sur les disques fermés de rayon strictement inférieur à RR. Ne confondez pas les deux.

Régularité de la somme d’une série entière

L'une des propriétés les plus remarquables des séries entières est que leur somme hérite d'une régularité exceptionnelle à l'intérieur du disque de convergence.

Continuité

Théorème. La somme f(z)=n=0+anznf(z) = \sum_{n=0}^{+\infty} a_n z^n d'une série entière de rayon de convergence R>0R > 0 est continue sur son disque ouvert de convergence D(0,R)D(0, R).

Ce résultat découle directement de la convergence normale sur tout disque fermé D(0,r)\overline{D}(0,r) avec r<Rr < R, et du théorème classique de continuité pour les séries uniformément convergentes de fonctions continues.

Dérivation terme à terme

Théorème : Dérivation.

Soit f(x)=n=0+anxnf(x) = \sum_{n=0}^{+\infty} a_n x^n une série entière réelle de rayon de convergence R>0R > 0. Alors ff est de classe C\mathcal{C}^\infty sur ]R,R[]-R, R[ et pour tout k0k \geq 0 et tout x]R,R[x \in ]-R, R[ :

f(k)(x)=n=k+n(n1)(nk+1)anxnk.f^{(k)}(x) = \sum_{n=k}^{+\infty} n(n-1)\cdots(n-k+1)\, a_n\, x^{n-k}.

En particulier, f(x)=n=1+nanxn1f'(x) = \sum_{n=1}^{+\infty} n a_n x^{n-1}, et la série dérivée a le même rayon de convergence RR.

Ce théorème est capital : il autorise de dériver une série entière terme à terme aussi souvent qu'on le souhaite, à l'intérieur du disque ouvert de convergence, sans changer le rayon.

Intégration terme à terme

Théorème : Intégration.

Soit f(x)=n=0+anxnf(x) = \sum_{n=0}^{+\infty} a_n x^n une série entière de rayon R>0R > 0 et soit FF une primitive de ff sur ]R,R[]-R, R[. Alors pour tout x]R,R[x \in ]-R, R[ :

F(x)=F(0)+n=0+ann+1xn+1.F(x) = F(0) + \sum_{n=0}^{+\infty} \frac{a_n}{n+1}\, x^{n+1}.

La série obtenue a également le même rayon de convergence RR.

Expression des coefficients

Propriété : Unicité du développement en série entière.

Si f(x)=n=0+anxnf(x) = \sum_{n=0}^{+\infty} a_n x^n sur un voisinage de 00, alors les coefficients sont uniquement déterminés par :

an=f(n)(0)n!.a_n = \frac{f^{(n)}(0)}{n!}.

Autrement dit, si une fonction admet un développement en série entière au voisinage de 00, c'est nécessairement sa série de Taylor.

Développements en série entière des fonctions usuelles

On dit qu'une fonction ff est développable en série entière (DSE) en 00 s'il existe r>0r > 0 et une suite (an)(a_n) tels que f(x)=n=0+anxnf(x) = \sum_{n=0}^{+\infty} a_n x^n pour tout x]r,r[x \in ]-r, r[. Une condition nécessaire (mais non suffisante) est que ff soit de classe C\mathcal{C}^\infty au voisinage de 00.

Les développements suivants sont à connaître impérativement :

Fonction exponentielle (R=+R = +\infty) :

ex=n=0+xnn!=1+x+x22!+x33!+,xR.e^x = \sum_{n=0}^{+\infty} \frac{x^n}{n!} = 1 + x + \frac{x^2}{2!} + \frac{x^3}{3!} + \cdots, \quad x \in \mathbb{R}.

Cosinus et sinus (R=+R = +\infty) :

cosx=n=0+(1)nx2n(2n)!,sinx=n=0+(1)nx2n+1(2n+1)!.\cos x = \sum_{n=0}^{+\infty} \frac{(-1)^n x^{2n}}{(2n)!}, \qquad \sin x = \sum_{n=0}^{+\infty} \frac{(-1)^n x^{2n+1}}{(2n+1)!}.

Logarithme (R=1R = 1) :

ln(1+x)=n=1+(1)n+1xnn=xx22+x33,x]1,1].\ln(1+x) = \sum_{n=1}^{+\infty} \frac{(-1)^{n+1} x^n}{n} = x - \frac{x^2}{2} + \frac{x^3}{3} - \cdots, \quad x \in ]-1, 1].

Série géométrique (R=1R = 1) :

11x=n=0+xn,x]1,1[.\frac{1}{1-x} = \sum_{n=0}^{+\infty} x^n, \quad x \in ]-1, 1[.

Arctangente (R=1R = 1) :

arctanx=n=0+(1)nx2n+12n+1,x]1,1].\arctan x = \sum_{n=0}^{+\infty} \frac{(-1)^n x^{2n+1}}{2n+1}, \quad x \in ]-1, 1].

Attention. Être C\mathcal{C}^\infty ne suffit pas pour être DSE. La fonction f(x)=e1/x2f(x) = e^{-1/x^2} (prolongée par f(0)=0f(0)=0) est C\mathcal{C}^\infty sur R\mathbb{R} avec f(n)(0)=0f^{(n)}(0) = 0 pour tout nn. Sa série de Taylor en 00 est la série nulle, qui ne représente pas ff sur un voisinage de 00. Cette fonction n'est donc pas développable en série entière.

Opérations sur les séries entières : somme, produit de Cauchy

Combinaison linéaire

Propriété. Soient anzn\sum a_n z^n et bnzn\sum b_n z^n de rayons RaR_a et RbR_b. La série (an+bn)zn\sum (a_n + b_n) z^n vérifie :

Rmin(Ra,Rb),R \geq \min(R_a, R_b),

avec égalité lorsque RaRbR_a \neq R_b (et éventuelle inégalité stricte si Ra=RbR_a = R_b).

Produit de Cauchy

Définition. On appelle produit de Cauchy des séries entières anzn\sum a_n z^n et bnzn\sum b_n z^n la série entière cnzn\sum c_n z^n où :

cn=k=0nakbnk.c_n = \sum_{k=0}^{n} a_k\, b_{n-k}.

Propriété. Le rayon de convergence RR du produit de Cauchy vérifie Rmin(Ra,Rb)R \geq \min(R_a, R_b). De plus, pour z<min(Ra,Rb)|z| < \min(R_a, R_b) :

(n=0+anzn)(n=0+bnzn)=n=0+cnzn.\left(\sum_{n=0}^{+\infty} a_n z^n\right) \cdot \left(\sum_{n=0}^{+\infty} b_n z^n\right) = \sum_{n=0}^{+\infty} c_n z^n.

Théorème d’Abel radial et comportement au bord

La question de ce qui se passe exactement au bord du disque de convergence est délicate. Le théorème d'Abel radial répond partiellement à cette question, dans le cas réel, lorsque la série converge en x=Rx = R.

Théorème d'Abel radial.

Soit f(x)=n=0+anxnf(x) = \sum_{n=0}^{+\infty} a_n x^n une série entière de rayon de convergence RR, avec 0<R<+0 < R < +\infty. Si la série numérique anRn\sum a_n R^n converge, alors :

limxRx<Rf(x)=n=0+anRn.\lim_{\substack{x \to R \\ x < R}} f(x) = \sum_{n=0}^{+\infty} a_n R^n.

Autrement dit, la somme est continue à gauche en RR (et de même à droite en R-R si la série converge en R-R).

Application. En x=1x=1 on a ln(1+1)=ln2\ln(1+1) = \ln 2. Or ln(1+x)=n=1+(1)n+1nxn\ln(1+x) = \sum_{n=1}^{+\infty} \frac{(-1)^{n+1}}{n} x^n avec R=1R=1, et la série numérique (1)n+1n\sum \frac{(-1)^{n+1}}{n} converge (série alternée). Le théorème d'Abel radial donne donc :

ln2=n=1+(1)n+1n=112+1314+\ln 2 = \sum_{n=1}^{+\infty} \frac{(-1)^{n+1}}{n} = 1 - \frac{1}{2} + \frac{1}{3} - \frac{1}{4} + \cdots

Conclusion : ce qu’il faut retenir sur les séries entières

Les séries entières forment un outil analytique d'une richesse exceptionnelle. Leur étude repose sur trois piliers fondamentaux.

Le premier est le lemme d'Abel, qui garantit la convergence absolue à l'intérieur du disque ouvert de convergence et la convergence normale sur tout disque fermé de rayon strictement inférieur à RR. Le deuxième est le calcul effectif du rayon de convergence, via la règle de d'Alembert ou la formule de Cauchy-Hadamard, qui donne accès au domaine de convergence complet. Le troisième est la régularité extraordinaire de la somme : toute série entière de rayon R>0R > 0 est C\mathcal{C}^\infty sur ]R,R[]-R, R[, dérivable et intégrable terme à terme, avec les mêmes coefficients reliés aux dérivées successives en 00 par la formule an=f(n)(0)/n!a_n = f^{(n)}(0)/n!.

En maîtrisant ces résultats et les développements en série entière des fonctions usuelles, vous disposez d'une méthode systématique pour calculer des limites, résoudre des équations différentielles, étudier le comportement local de fonctions, et même calculer des sommes de séries numériques grâce au théorème d'Abel radial. C'est précisément pourquoi les séries entières occupent une place aussi centrale en analyse, de la prépa aux mathématiques avancées.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter l'article Série entière sur Wikipédia, qui développe notamment les aspects complexes et les applications aux fonctions analytiques.

Questions fréquentes sur les séries entières

Qu’est-ce qu’une série entière en mathématiques ?

Une série entière est une série de fonctions de la forme n=0+anzn\sum_{n=0}^{+\infty} a_n z^n, où (an)(a_n) est une suite de nombres réels ou complexes et zz est la variable. Elle généralise la notion de polynôme en autorisant une infinité de termes. L'ensemble des valeurs de zz pour lesquelles cette somme infinie converge est un disque (ou un intervalle dans le cas réel) déterminé par le rayon de convergence RR.

Comment calculer le rayon de convergence d’une série entière ?

Il existe deux méthodes principales. La règle de d'Alembert : si les coefficients ana_n sont non nuls à partir d'un certain rang et si liman+1/an=\lim |a_{n+1}/a_n| = \ell, alors R=1/R = 1/\ell. La formule de Cauchy-Hadamard : 1/R=lim supan1/n1/R = \limsup |a_n|^{1/n}, qui s'applique dans tous les cas, y compris aux séries lacunaires. Pour les séries lacunaires (coefficients souvent nuls), on applique Cauchy-Hadamard ou on raisonne directement sur les termes non nuls.

Qu’est-ce qu’un développement en série entière (DSE) ?

On dit qu'une fonction ff est développable en série entière (DSE) en 00 s'il existe r>0r > 0 et des coefficients ana_n tels que f(x)=anxnf(x) = \sum a_n x^n pour tout x]r,r[x \in ]-r, r[. Lorsque ce développement existe, il est unique et les coefficients sont nécessairement an=f(n)(0)/n!a_n = f^{(n)}(0)/n! : il s'agit de la série de Taylor de ff. Être de classe C\mathcal{C}^\infty est nécessaire mais non suffisant pour être DSE.