Nombres complexes : module, argument et formules

Découvrez l'ensemble des nombres complexes, leur construction, leurs propriétés et leurs applications en mathématiques et en physique. Ce cours détaillé vous accompagne de la définition jusqu'aux formes avancées.

Introduction : Pourquoi les nombres complexes ?

Imaginez que vous cherchez à résoudre l'équation x2=1 x^2 = -1 . Dans l'ensemble des nombres réels R \mathbb{R} , cette équation n'admet aucune solution, car le carré d'un nombre réel est toujours positif ou nul. C'est pour pallier cette limite que les mathématiciens ont introduit les nombres complexes.

Les nombres complexes représentent une extension naturelle de l'ensemble des nombres réels. Ils permettent de résoudre toutes les équations polynomiales, y compris celles qui ne possèdent pas de solutions réelles. Cette extension s'est révélée indispensable non seulement en mathématiques pures, mais également en physique (mécanique quantique, électromagnétisme), en ingénierie et dans de nombreux domaines scientifiques.

Historiquement, les nombres complexes sont apparus au XVIe siècle dans les travaux de mathématiciens italiens comme Cardan, Bombelli et Tartaglia, qui cherchaient à résoudre des équations du troisième degré. Ce n'est qu'au XIXe siècle, avec Gauss, Argand et Cauchy, que leur interprétation géométrique s'est développée, donnant naissance au plan complexe.

Définition de l’ensemble des nombres complexes

Définition fondamentale

On admet l'existence d'un ensemble noté C \mathbb{C} , appelé ensemble des nombres complexes, qui vérifie les propriétés suivantes :

  • C \mathbb{C} contient l'ensemble des nombres réels R \mathbb{R} : RC \mathbb{R} \subset \mathbb{C}
  • C \mathbb{C} contient un élément noté i i , appelé unité imaginaire, tel que i2=1 i^2 = -1
  • Tout élément z z de C \mathbb{C} s'écrit de façon unique sous la forme z=a+ib z = a + ib , où a a et b b sont des nombres réels
  • C \mathbb{C} est muni d'une addition et d'une multiplication qui prolongent celles définies sur R \mathbb{R} et possèdent les mêmes propriétés algébriques (associativité, commutativité, distributivité)

L’unité imaginaire i

L'unité imaginaire i est l'élément fondamental qui distingue les nombres complexes des nombres réels. Par définition, on a :

i2=1i^2 = -1

Cette propriété permet de résoudre l'équation x2=1 x^2 = -1 , qui possède désormais deux solutions dans C \mathbb{C} : x=i x = i et x=i x = -i .

On peut également calculer les puissances successives de i i :

i0=1i1=ii2=1i3=i2i=ii4=i2i2=(1)(1)=1\begin{align*} i^0 &= 1 \\ i^1 &= i \\ i^2 &= -1 \\ i^3 &= i^2 \cdot i = -i \\ i^4 &= i^2 \cdot i^2 = (-1)(-1) = 1 \end{align*}

On observe que les puissances de i i sont périodiques de période 4. Ainsi, pour tout entier n n , on a in+4=in i^{n+4} = i^n .

Forme algébrique d’un nombre complexe

Forme algébrique

L'écriture z=a+ib z = a + ib , où a a et b b sont des nombres réels, est appelée forme algébrique du nombre complexe z z .

Le réel a a est appelé partie réelle de z z , notée Re(z) \text{Re}(z) ou Re(z) \mathfrak{Re}(z) .

Le réel b b est appelé partie imaginaire de z z , notée Im(z) \text{Im}(z) ou Im(z) \mathfrak{Im}(z) .

Attention : La partie imaginaire est un nombre réel ! Si z=3+5i z = 3 + 5i , alors Im(z)=5 \text{Im}(z) = 5 (et non 5i 5i ). Le symbole i i sert uniquement à indiquer quelle composante est la partie imaginaire.

Cas particuliers

  • Nombre réel : Un nombre complexe z=a+ib z = a + ib est réel si et seulement si b=0 b = 0 , c'est-à-dire Im(z)=0 \text{Im}(z) = 0 . Par exemple, z=5 z = 5 est un nombre réel.
  • Imaginaire pur : Un nombre complexe z=a+ib z = a + ib est dit imaginaire pur si et seulement si a=0 a = 0 et b0 b \neq 0 , c'est-à-dire Re(z)=0 \text{Re}(z) = 0 . Par exemple, z=3i z = 3i est un imaginaire pur.
  • Cas particulier du zéro : Le nombre 0 0 est le seul nombre complexe qui soit à la fois réel et imaginaire pur.

Égalité de deux nombres complexes

Deux nombres complexes sont égaux si et seulement s'ils ont la même partie réelle et la même partie imaginaire.

Autrement dit, si z1=a+ib z_1 = a + ib et z2=c+id z_2 = c + id avec a,b,c,dR a, b, c, d \in \mathbb{R} , alors :

z1=z2    {a=cb=dz_1 = z_2 \iff \begin{cases} a = c \\ b = d \end{cases}

Exemple : Déterminer les réels x x et y y tels que (2x3)+i(y+1)=52i (2x - 3) + i(y + 1) = 5 - 2i .

Solution : Par identification des parties réelle et imaginaire :

{2x3=5y+1=2    {x=4y=3\begin{cases} 2x - 3 = 5 \\ y + 1 = -2 \end{cases} \iff \begin{cases} x = 4 \\ y = -3 \end{cases}

Opérations sur les nombres complexes

Addition et soustraction

L'addition de deux nombres complexes se fait en additionnant séparément les parties réelles et les parties imaginaires.

Soient z1=a+ib z_1 = a + ib et z2=c+id z_2 = c + id deux nombres complexes. On a :

z1+z2=(a+c)+i(b+d)z_1 + z_2 = (a + c) + i(b + d)
z1z2=(ac)+i(bd)z_1 - z_2 = (a - c) + i(b - d)

Exemple : Si z1=3+2i z_1 = 3 + 2i et z2=14i z_2 = 1 - 4i , alors :

z1+z2=(3+1)+i(24)=42iz_1 + z_2 = (3 + 1) + i(2 - 4) = 4 - 2i

Multiplication

La multiplication s'effectue en développant le produit et en utilisant la relation i2=1 i^2 = -1 .

Soient z1=a+ib z_1 = a + ib et z2=c+id z_2 = c + id deux nombres complexes. On a :

z1×z2=(a+ib)(c+id)=ac+iad+ibc+i2bd=ac+iad+ibcbd=(acbd)+i(ad+bc)\begin{align*} z_1 \times z_2 &= (a + ib)(c + id) \\ &= ac + iad + ibc + i^2bd \\ &= ac + iad + ibc - bd \\ &= (ac - bd) + i(ad + bc) \end{align*}

Exemple : Si z1=2+3i z_1 = 2 + 3i et z2=1i z_2 = 1 - i , calculons z1×z2 z_1 \times z_2 :

z1×z2=(2+3i)(1i)=22i+3i3i2=2+i+3=5+i\begin{align*} z_1 \times z_2 &= (2 + 3i)(1 - i) \\ &= 2 - 2i + 3i - 3i^2 \\ &= 2 + i + 3 \\ &= 5 + i \end{align*}

Division

Pour diviser deux nombres complexes, on multiplie le numérateur et le dénominateur par le conjugué du dénominateur.

Conjugué d’un nombre complexe

Conjugué

Soit z=a+ib z = a + ib un nombre complexe avec a,bR a, b \in \mathbb{R} . On appelle conjugué de z, noté z \overline{z} , le nombre complexe défini par :

z=aib\overline{z} = a - ib

Interprétation géométrique : Le conjugué de z z correspond au symétrique du point d'affixe z z par rapport à l'axe des abscisses dans le plan complexe.

Propriétés du conjugué

Soient z z et z z' deux nombres complexes. Le conjugué vérifie les propriétés suivantes :

  1. z=z \overline{\overline{z}} = z (involutivité)
  2. z+z=z+z \overline{z + z'} = \overline{z} + \overline{z'}
  3. z×z=z×z \overline{z \times z'} = \overline{z} \times \overline{z'}
  4. (zz)=zz \overline{\left(\frac{z}{z'}\right)} = \frac{\overline{z}}{\overline{z'}} (pour z0 z' \neq 0 )
  5. z+z=2Re(z) z + \overline{z} = 2 \text{Re}(z)
  6. zz=2iIm(z) z - \overline{z} = 2i \text{Im}(z)
  7. z×z=a2+b2 z \times \overline{z} = a^2 + b^2 (nombre réel positif)

Démonstration de la propriété 7

Soit z=a+ib z = a + ib . On a z=aib \overline{z} = a - ib . Calculons le produit :

z×z=(a+ib)(aib)=a2iab+iabi2b2=a2(1)b2=a2+b2\begin{align*} z \times \overline{z} &= (a + ib)(a - ib) \\ &= a^2 - iab + iab - i^2b^2 \\ &= a^2 - (-1)b^2 \\ &= a^2 + b^2 \end{align*}

Cette propriété est fondamentale car elle permet de simplifier les divisions de nombres complexes.

Application : division de nombres complexes

Exemple : Calculer 3+2i1i \frac{3 + 2i}{1 - i} sous forme algébrique.

Solution : On multiplie le numérateur et le dénominateur par le conjugué du dénominateur :

3+2i1i=(3+2i)(1+i)(1i)(1+i)=3+3i+2i+2i21i2=3+5i21+1=1+5i2=12+52i\begin{align*} \frac{3 + 2i}{1 - i} &= \frac{(3 + 2i)(1 + i)}{(1 - i)(1 + i)} \\ &= \frac{3 + 3i + 2i + 2i^2}{1 - i^2} \\ &= \frac{3 + 5i - 2}{1 + 1} \\ &= \frac{1 + 5i}{2} \\ &= \frac{1}{2} + \frac{5}{2}i \end{align*}

Module d’un nombre complexe

Module

Soit z=a+ib z = a + ib un nombre complexe avec a,bR a, b \in \mathbb{R} . On appelle module de z, noté z |z| , le nombre réel positif défini par :

z=a2+b2|z| = \sqrt{a^2 + b^2}

Interprétation géométrique : Dans le plan complexe, le module de z z représente la distance entre l'origine O O et le point M M d'affixe z z . On a donc z=OM |z| = OM .

Remarque : Le module généralise la notion de valeur absolue des nombres réels. En effet, si z=a z = a est un nombre réel, alors z=a |z| = |a| .

Propriétés du module

Soient z z et z z' deux nombres complexes. Le module vérifie les propriétés suivantes :

  1. z0 |z| \geq 0 et z=0    z=0 |z| = 0 \iff z = 0
  2. z2=z×z |z|^2 = z \times \overline{z}
  3. z=z |\overline{z}| = |z|
  4. z×z=z×z |z \times z'| = |z| \times |z'|
  5. zz=zz \left|\frac{z}{z'}\right| = \frac{|z|}{|z'|} (pour z0 z' \neq 0 )
  6. Inégalité triangulaire : z+zz+z |z + z'| \leq |z| + |z'|

Exemple : Si z=34i z = 3 - 4i , calculer z |z| .

Solution :

z=32+(4)2=9+16=25=5|z| = \sqrt{3^2 + (-4)^2} = \sqrt{9 + 16} = \sqrt{25} = 5

Représentation géométrique : le plan complexe

On munit le plan d'un repère orthonormé (O;u,v) (O; \vec{u}, \vec{v}) . Cette représentation est appelée plan complexe ou plan d'Argand.

Affixe d’un point et d’un vecteur

À tout nombre complexe z=a+ib z = a + ib , on associe :

  • Le point M M de coordonnées (a;b) (a; b) , appelé point image de z ou point d'affixe z
  • Le vecteur OM \overrightarrow{OM} de coordonnées (a;b) (a; b) , appelé vecteur image de z

Réciproquement, on dit que z z est l'affixe du point M M et du vecteur OM \overrightarrow{OM} .

Vocabulaire : L'axe des abscisses est appelé axe réel, et l'axe des ordonnées est appelé axe imaginaire.

Nombres complexes - Représentation d'un nombre complexe dans le plan complexe avec axe réel et axe imaginaire

Propriétés géométriques

Soient A A et B B deux points du plan d'affixe respectives zA z_A et zB z_B . Alors :

  • Le vecteur AB \overrightarrow{AB} a pour affixe zBzA z_B - z_A
  • La distance AB AB est donnée par AB=zBzA AB = |z_B - z_A|
  • Le milieu I I du segment [AB] [AB] a pour affixe zA+zB2 \frac{z_A + z_B}{2}

Exemple : Soient A A d'affixe zA=1+2i z_A = 1 + 2i et B B d'affixe zB=4i z_B = 4 - i . Calculer la distance AB AB .

Solution :

AB=zBzA=(4i)(1+2i)=33i=32+(3)2=18=32\begin{align*} AB &= |z_B - z_A| \\ &= |(4 - i) - (1 + 2i)| \\ &= |3 - 3i| \\ &= \sqrt{3^2 + (-3)^2} \\ &= \sqrt{18} = 3\sqrt{2} \end{align*}

Argument d’un nombre complexe

Argument

Soit z z un nombre complexe non nul, et soit M M son point image dans le plan complexe. On appelle argument de z, noté arg(z) \arg(z) , toute mesure en radians de l'angle orienté (u,OM) (\vec{u}, \overrightarrow{OM}) .

L'argument est défini à 2π 2\pi près. On note : arg(z)=θ[2π] \arg(z) = \theta \, [2\pi] .

Remarque : L'argument n'est pas défini pour z=0 z = 0 .

Lien avec les coordonnées

Si z=a+ib z = a + ib avec z0 z \neq 0 , et si θ \theta est un argument de z z , alors :

cos(θ)=azetsin(θ)=bz\cos(\theta) = \frac{a}{|z|} \quad \text{et} \quad \sin(\theta) = \frac{b}{|z|}

On peut également écrire :

a=zcos(θ)etb=zsin(θ)a = |z| \cos(\theta) \quad \text{et} \quad b = |z| \sin(\theta)

Propriétés de l’argument

Soient z z et z z' deux nombres complexes non nuls. On a :

  1. arg(z×z)=arg(z)+arg(z)[2π] \arg(z \times z') = \arg(z) + \arg(z') \, [2\pi]
  2. arg(zz)=arg(z)arg(z)[2π] \arg\left(\frac{z}{z'}\right) = \arg(z) - \arg(z') \, [2\pi]
  3. arg(z)=arg(z)[2π] \arg(\overline{z}) = -\arg(z) \, [2\pi]
  4. arg(zn)=narg(z)[2π] \arg(z^n) = n \arg(z) \, [2\pi] pour nZ n \in \mathbb{Z}

Exemple : Déterminer un argument de z=1+i z = 1 + i .

Solution : On calcule le module : z=12+12=2 |z| = \sqrt{1^2 + 1^2} = \sqrt{2} .

Ensuite :

cos(θ)=12=22etsin(θ)=12=22\cos(\theta) = \frac{1}{\sqrt{2}} = \frac{\sqrt{2}}{2} \quad \text{et} \quad \sin(\theta) = \frac{1}{\sqrt{2}} = \frac{\sqrt{2}}{2}

On reconnaît l'angle θ=π4 \theta = \frac{\pi}{4} . Donc arg(1+i)=π4[2π] \arg(1 + i) = \frac{\pi}{4} \, [2\pi] .

Forme exponentielle d’un nombre complexe

Forme exponentielle

Soit z z un nombre complexe non nul de module r r et d'argument θ \theta . La forme exponentielle de z z est :

z=reiθz = r e^{i\theta}

r=z r = |z| et θ=arg(z) \theta = \arg(z) .

Formule d’Euler

Pour tout nombre réel θ \theta , on a la formule d'Euler :

eiθ=cos(θ)+isin(θ)e^{i\theta} = \cos(\theta) + i\sin(\theta)

Cette formule fondamentale établit le lien entre la fonction exponentielle et les fonctions trigonométriques.

Lien entre forme algébrique et forme exponentielle

Si z=reiθ z = r e^{i\theta} , alors en utilisant la formule d'Euler :

z=r(cos(θ)+isin(θ))=rcos(θ)+irsin(θ)z = r(\cos(\theta) + i\sin(\theta)) = r\cos(\theta) + i \, r\sin(\theta)

On retrouve donc la forme algébrique avec a=rcos(θ) a = r\cos(\theta) et b=rsin(θ) b = r\sin(\theta) .

Avantages de la forme exponentielle

La forme exponentielle simplifie considérablement les calculs de produits, quotients et puissances :

  • Produit : Si z1=r1eiθ1 z_1 = r_1 e^{i\theta_1} et z2=r2eiθ2 z_2 = r_2 e^{i\theta_2} , alors :
    z1×z2=r1r2ei(θ1+θ2)z_1 \times z_2 = r_1 r_2 e^{i(\theta_1 + \theta_2)}
  • Quotient :
    z1z2=r1r2ei(θ1θ2)\frac{z_1}{z_2} = \frac{r_1}{r_2} e^{i(\theta_1 - \theta_2)}
  • Puissance :
    zn=rneinθz^n = r^n e^{in\theta}

Exemple : Calculer (1+i)10 (1 + i)^{10} en utilisant la forme exponentielle.

Solution : On sait que 1+i=2eiπ4 1 + i = \sqrt{2} e^{i\frac{\pi}{4}} . Donc :

(1+i)10=(2eiπ4)10=(2)10ei10π4=25ei5π2=32eiπ2=32(cos(π2)+isin(π2))=32(0+i)=32i\begin{align*} (1 + i)^{10} &= \left(\sqrt{2} e^{i\frac{\pi}{4}}\right)^{10} \\ &= (\sqrt{2})^{10} e^{i \frac{10\pi}{4}} \\ &= 2^5 e^{i \frac{5\pi}{2}} \\ &= 32 e^{i\frac{\pi}{2}} \\ &= 32(\cos(\frac{\pi}{2}) + i\sin(\frac{\pi}{2})) \\ &= 32(0 + i) \\ &= 32i \end{align*}

Équations du second degré dans les complexes

L'un des intérêts majeurs des nombres complexes est qu'ils permettent de résoudre toutes les équations du second degré, y compris celles qui n'ont pas de solutions réelles.

Résolution dans ℂ

Soit l'équation du second degré az2+bz+c=0 az^2 + bz + c = 0 avec a,b,cC a, b, c \in \mathbb{C} et a0 a \neq 0 .

On calcule le discriminant Δ=b24ac \Delta = b^2 - 4ac .

  • Si Δ=0 \Delta = 0 , l'équation admet une solution double : z0=b2a z_0 = -\frac{b}{2a}
  • Si Δ0 \Delta \neq 0 , on détermine un nombre complexe δ \delta tel que δ2=Δ \delta^2 = \Delta . L'équation admet alors deux solutions distinctes :
    z1=bδ2aetz2=b+δ2az_1 = \frac{-b - \delta}{2a} \quad \text{et} \quad z_2 = \frac{-b + \delta}{2a}

Cas particulier : coefficients réels

Lorsque les coefficients a,b,c a, b, c sont réels, on distingue trois cas selon le signe du discriminant :

  • Si Δ>0 \Delta > 0 : deux solutions réelles distinctes z1=bΔ2a z_1 = \frac{-b - \sqrt{\Delta}}{2a} et z2=b+Δ2a z_2 = \frac{-b + \sqrt{\Delta}}{2a}
  • Si Δ=0 \Delta = 0 : une solution réelle double z0=b2a z_0 = -\frac{b}{2a}
  • Si Δ<0 \Delta < 0 : deux solutions complexes conjuguées. On pose δ=iΔ \delta = i\sqrt{-\Delta} , d'où :
    z1=biΔ2aetz2=b+iΔ2az_1 = \frac{-b - i\sqrt{-\Delta}}{2a} \quad \text{et} \quad z_2 = \frac{-b + i\sqrt{-\Delta}}{2a}

Remarque importante : Lorsque les coefficients sont réels et que Δ<0 \Delta < 0 , les deux solutions sont conjuguées : z2=z1 z_2 = \overline{z_1} .

Conclusion

Les nombres complexes constituent une extension naturelle et nécessaire de l'ensemble des nombres réels. Leur introduction permet de résoudre toutes les équations du second degré et plus généralement, toutes les équations polynomiales grâce au théorème fondamental de l'algèbre.

Nous avons vu que les nombres complexes peuvent être représentés sous plusieurs formes complémentaires :

  • La forme algébrique z=a+ib z = a + ib , pratique pour les additions et soustractions
  • La forme exponentielle z=reiθ z = r e^{i\theta} , idéale pour les multiplications, divisions et puissances
  • La représentation géométrique dans le plan complexe, qui donne une intuition visuelle

Les notions de conjugué, module et argument permettent de manipuler efficacement ces nombres et de résoudre une grande variété de problèmes mathématiques et physiques.

La maîtrise des nombres complexes est indispensable pour aborder sereinement les études scientifiques supérieures, que ce soit en mathématiques, physique, chimie ou ingénierie. Ils constituent un langage universel qui unifie de nombreux concepts apparemment distincts.