Équation du Second Degré : Résolution et Discriminant
L'équation du second degré représente l'un des piliers fondamentaux de l'algèbre. Cette notion mathématique, étudiée depuis l'Antiquité babylonienne et systématisée par Al-Khwarizmi au IXe siècle, permet de résoudre une multitude de problèmes concrets en physique, en ingénierie et en économie. Comprendre comment résoudre ces équations vous ouvre les portes vers une maîtrise approfondie des fonctions polynomiales et de leurs applications pratiques.
Dans ce cours détaillé, nous allons explorer toutes les facettes des équations du second degré : de leur définition rigoureuse jusqu'aux méthodes de résolution les plus efficaces, en passant par le discriminant, la forme canonique et la factorisation. Vous découvrirez également comment ces équations modélisent des phénomènes réels comme la trajectoire d'un projectile ou l'optimisation d'une surface.
Qu’est-ce qu’une équation du second degré ?
Définition
Une équation du second degré (ou équation quadratique) est une équation polynomiale qui peut s'écrire sous la forme :
ax2+bx+c=0
où a, b et c sont des nombres réels appelés coefficients, avec la condition impérative que a=0.
a : coefficient du terme quadratique (ou coefficient de x2)
b : coefficient du terme linéaire (ou coefficient de x)
c : terme constant (ne dépend pas de x)
x : l'inconnue que nous cherchons à déterminer
Pourquoi a ne peut-il pas être nul ?
Si a=0, l'équation se réduit à bx+c=0, qui est une équation du premier degré. Le terme en x2 est donc indispensable pour caractériser une équation du second degré.
Exemples d’équations du second degré
x2−5x+6=0 avec a=1, b=−5, c=6
3x2+2x−1=0 avec a=3, b=2, c=−1
−2x2+7=0 avec a=−2, b=0, c=7
4x2−12x=0 avec a=4, b=−12, c=0
Le discriminant : clé de la résolution
Définition du discriminant
Le discriminant, noté Δ (lettre grecque delta), est un nombre calculé à partir des coefficients de l'équation. Il est défini par la formule :
Δ=b2−4ac
Le discriminant permet de déterminer le nombre et la nature des solutions de l'équation sans avoir à les calculer explicitement.
Interprétation du signe du discriminant
Le signe du discriminant détermine combien de solutions réelles possède l'équation :
Signe de Δ
Nombre de solutions
Nature des solutions
Δ>0
Deux solutions distinctes
Deux nombres réels différents
Δ=0
Une solution double
Un seul nombre réel (racine double)
Δ<0
Aucune solution réelle
Deux solutions complexes conjuguées
Exemple de calcul du discriminant
Soit l'équation 2x2−7x+3=0. Calculons son discriminant :
Δ=b2−4ac=(−7)2−4×2×3=49−24=25
Comme Δ=25>0, cette équation admet deux solutions réelles distinctes.
Formules de résolution d’une équation du second degré
Théorème fondamental
Pour résoudre l'équation ax2+bx+c=0 avec a=0, on calcule d'abord le discriminant Δ=b2−4ac, puis on applique les formules suivantes selon le cas :
Cas 1 : Δ>0 (deux solutions distinctes)
x1=2a−b−Δetx2=2a−b+Δ
Cas 2 : Δ=0 (une solution double)
x0=2a−b
Cas 3 : Δ<0 (aucune solution réelle)
L'équation n'admet pas de solution dans l'ensemble des nombres réels R.
Exercice résolu détaillé
Énoncé : Résoudre l'équation 3x2−5x−2=0Solution :
Eˊtape 1 : Eˊtape 2 : ΔEˊtape 3 : Eˊtape 4 : x1x2Identifier les coefficientsa=3,b=−5,c=−2Calculer le discriminant=b2−4ac=(−5)2−4×3×(−2)=25+24=49Analyser le discriminantΔ=49>0 donc deux solutions distinctesAppliquer les formules=2×3−(−5)−49=65−7=6−2=−31=2×3−(−5)+49=65+7=612=2
Ensemble solution :S={−31;2}
Méthodes alternatives de résolution sans discriminant
Il existe des situations où calculer le discriminant n'est pas la méthode la plus rapide. Voici trois techniques alternatives :
Méthode 1 : Factorisation directe
Lorsque l'équation peut se factoriser facilement, on applique la règle du produit nul : un produit est nul si et seulement si l'un de ses facteurs est nul.Exemple : Résoudre x2−5x+6=0
x2−5x+6(x−2)(x−3)=0=0
Donc x−2=0 ou x−3=0, ce qui donne x=2 ou x=3
Méthode 2 : Cas où c = 0 (factorisation par x)
Si le terme constant est nul, on peut factoriser par x.Exemple : Résoudre 2x2−8x=0
2x2−8x2x(x−4)=0=0
Donc 2x=0 ou x−4=0, ce qui donne x=0 ou x=4
Méthode 3 : Cas où b = 0 (isoler x²)
Si le coefficient linéaire est nul, on peut isoler x2.Exemple : Résoudre 3x2−27=0
3x2−273x2x2x=0=27=9=±3
Donc x=−3 ou x=3
Méthode 4 : Reconnaissance d’une identité remarquable
Certaines équations correspondent à des formes remarquables.Exemple : Résoudre x2−6x+9=0
x2−6x+9(x−3)2x−3x=0=0=0=3
Cette équation admet une solution double : x=3
Forme canonique d’un polynôme du second degré
Définition
La forme canonique d'un polynôme du second degré ax2+bx+c est de la forme :
a(x+2ab)2−4aΔ
où Δ=b2−4ac est le discriminant.
La forme canonique est particulièrement utile pour :
Déterminer les coordonnées du sommet de la parabole représentant la fonction associée
Trouver le minimum ou maximum de la fonction
Résoudre l'équation de manière géométrique
Exemple de mise sous forme canonique
Mettons l'équation 2x2+8x+5=0 sous forme canonique :
Le sommet de la parabole est au point de coordonnées (−2;−3).
Forme factorisée et relations entre coefficients et racines
Forme factorisée
Si l'équation ax2+bx+c=0 admet deux racines x1 et x2 (c'est-à-dire si Δ≥0), alors le trinôme peut s'écrire sous forme factorisée :
ax2+bx+c=a(x−x1)(x−x2)
Relations coefficients-racines (formules de Viète)
Lorsque l'équation admet deux racines x1 et x2, on a les relations suivantes :
Somme des racines : Produit des racines : x1+x2=−abx1×x2=ac
Ces formules permettent de vérifier rapidement les solutions trouvées ou de reconstituer une équation à partir de ses racines.
Exemple d’application
Trouvons l'équation du second degré dont les racines sont x1=3 et x2=−2 et dont le coefficient de x2 est 1.
Forme factoriseˊe : Deˊveloppement : (x−3)(x−(−2))=(x−3)(x+2)x2+2x−3x−6=x2−x−6
L'équation recherchée est donc x2−x−6=0Vérifions avec les formules de Viète :
Somme : 3+(−2)=1=−1−1 ✓
Produit : 3×(−2)=−6=1−6 ✓
Signe d’un trinôme du second degré
Déterminer le signe d'un polynôme du second degré est essentiel pour résoudre des inéquations et analyser le comportement des fonctions.
Règle générale du signe
Soit f(x)=ax2+bx+c avec a=0 et Δ=b2−4ac :
Si Δ<0 :
Le trinôme est toujours du signe de a pour tout x∈R
Si Δ=0 :
Le trinôme est du signe de a pour tout x=x0, et s'annule en x0=−2ab
Si Δ>0 :
Soit x1<x2 les deux racines. Le trinôme :
est du signe de a à l'extérieur des racines : x<x1 ou x>x2
est du signe de -a entre les racines : x1<x<x2
s'annule aux racines : x=x1 ou x=x2
Tableau de signes
Pour une équation 2x2−5x−3=0 ayant pour racines x1=−21 et x2=3 :
x
−∞
−21
3
+∞
2x2−5x−3
+
0
−
0
+
Applications concrètes des équations du second degré
Physique : trajectoire d’un projectile
Lorsqu'on lance un objet en l'air, sa hauteur h(t) en fonction du temps suit une équation du second degré :
h(t)=−2gt2+v0t+h0
où g est l'accélération gravitationnelle, v0 la vitesse initiale et h0 la hauteur initiale.Problème : Un ballon est lancé depuis le sol avec une vitesse de 20 m/s. Quand retombera-t-il au sol ? (On prend g=10m/s2)
h(t)Au sol : h(t)−5t2+20t−5t(t−4)=−5t2+20t=0=0=0
Solutions : t=0 (instant du lancer) ou t=4 secondes (retour au sol)
Géométrie : problème d’optimisation
Problème : Un agriculteur dispose de 100 mètres de clôture pour entourer un champ rectangulaire. Quelles dimensions maximisent l'aire ?Si x est la largeur, alors la longueur est 50−x. L'aire est :
A(x)=x(50−x)=−x2+50x
La forme canonique révèle que l'aire maximale est atteinte pour x=25 m, donnant une aire de 625 m².
Économie : analyse du profit
Une entreprise modélise son profit P(q) en fonction de la quantité produite q par :
P(q)=−2q2+100q−800
Le profit maximal s'obtient au sommet de la parabole, soit pour q=25 unités.
Résolution graphique d’une équation du second degré
Résoudre graphiquement ax2+bx+c=0 revient à chercher les abscisses des points d'intersection de la parabole y=ax2+bx+c avec l'axe des abscisses (axe y=0).
Interprétation graphique selon le discriminant
Δ>0 : La parabole coupe l'axe des abscisses en deux points distincts
Δ=0 : La parabole est tangente à l'axe des abscisses (touche en un seul point)
Δ<0 : La parabole ne coupe pas l'axe des abscisses
Propriétés de la parabole
Si a>0 : la parabole est tournée vers le haut (forme de U)
Si a<0 : la parabole est tournée vers le bas (forme de ∩)
Le sommet a pour abscisse α=−2ab
L'axe de symétrie de la parabole est la droite d'équation x=−2ab
Erreurs fréquentes à éviter
Oublier le signe moins dans la formule du discriminant : c'est −4ac et non +4ac
Confondre les formules des racines : attention aux signes dans 2a−b±Δ
Ne pas vérifier que a ≠ 0 : sans cette condition, l'équation n'est pas du second degré
Oublier les deux solutions quand Δ>0 : il y a toujours deux valeurs distinctes
Simplifier trop vite : vérifier que le discriminant est positif avant de calculer sa racine carrée
Inverser 2a : le dénominateur est 2a dans toutes les formules, pas a seul
Ne pas simplifier les racines carrées : 50=52 par exemple
Exercices d’entraînement
Exercice 1 : Identification et discriminant
Pour chacune des équations suivantes, identifier les coefficients a, b, c, calculer le discriminant et en déduire le nombre de solutions :
x2−7x+12=0
2x2+3x+5=0
−x2+4x−4=0
Exercice 2 : Résolution complète
Résoudre les équations suivantes en utilisant la méthode du discriminant :
x2−8x+15=0
3x2+2x−1=0
4x2−20x+25=0
Exercice 3 : Méthodes alternatives
Résoudre sans calculer le discriminant :
x2−9=0 (cas où b=0)
x2+5x=0 (cas où c=0)
x2+10x+25=0 (identité remarquable)
Exercice 4 : Problème appliqué
Un rectangle a un périmètre de 40 cm et une aire de 96 cm². Déterminer ses dimensions.Indication : Poser x la longueur et y la largeur, puis établir un système d'équations qui mène à une équation du second degré.
Synthèse et points clés à retenir
Une équation du second degré s'écrit ax2+bx+c=0 avec a=0
Le discriminant Δ=b2−4ac détermine le nombre de solutions
Les formules des racines sont x=2a−b±Δ quand Δ≥0
La forme canonique permet de trouver le sommet de la parabole associée
Les relations de Viète établissent des liens entre coefficients et racines
Le signe du trinôme dépend du signe de a et de la position par rapport aux racines
Les équations du second degré modélisent de nombreux phénomènes réels en sciences et en économie
Questions fréquemment posées
Comment résoudre une équation du second degré ?
Pour résoudre une équation du second degré ax2+bx+c=0, commencez par calculer le discriminant Δ=b2−4ac. Si Δ>0, utilisez les formules x=2a−b±Δ pour obtenir deux solutions. Si Δ=0, il y a une solution double x=2a−b. Si Δ<0, il n'y a pas de solution réelle.
Qu’est-ce que le discriminant d’une équation du second degré ?
Le discriminant, noté Δ (delta), est une valeur calculée par la formule Δ=b2−4ac. Il permet de déterminer le nombre de solutions de l'équation sans les calculer : si Δ>0, il y a deux solutions ; si Δ=0, une solution double ; si Δ<0, aucune solution réelle.
Comment savoir si une équation est du second degré ?
Une équation est du second degré si elle peut s'écrire sous la forme ax2+bx+c=0 où a, b, et c sont des constantes, avec la condition essentielle que a=0. Le terme en x2 doit être présent et avoir un coefficient non nul.
Quelle est la formule du discriminant ?
La formule du discriminant est Δ=b2−4ac, où a, b, et c sont les coefficients de l'équation ax2+bx+c=0. Cette formule est fondamentale pour déterminer la nature et le nombre des solutions de l'équation.
Peut-on résoudre une équation du second degré sans calculer le discriminant ?
Oui, il existe plusieurs méthodes alternatives : la factorisation directe quand c'est possible, la factorisation par x si c=0, l'isolation de x2 si b=0, ou encore l'utilisation d'identités remarquables. Le choix de la méthode dépend de la forme particulière de l'équation.
Qu’est-ce que la forme canonique d’un trinôme du second degré ?
La forme canonique d'un trinôme ax2+bx+c s'écrit a(x−α)2+β où α=−2ab et β est la valeur du trinôme en α. Cette forme met en évidence le sommet de la parabole au point (α;β) et facilite l'étude du signe et des variations.
Quelles sont les applications pratiques des équations du second degré ?
Les équations du second degré sont utilisées dans de nombreux domaines : en physique pour modéliser les trajectoires paraboliques et les mouvements uniformément accélérés, en géométrie pour les problèmes d'optimisation d'aires et de périmètres, en économie pour analyser les fonctions de coût et de profit, et en ingénierie pour calculer des structures et des résistances.
Que sont les formules de Viète ?
Les formules de Viète établissent des relations entre les racines et les coefficients d'une équation du second degré. Si x1 et x2 sont les racines de ax2+bx+c=0, alors leur somme vaut x1+x2=−ab et leur produit vaut x1⋅x2=ac. Ces relations permettent de vérifier les solutions ou de reconstituer une équation.