Représentations paramétriques et équations cartésiennes Terminale

Dans ce cours, le repère de l'espace est orthonormé. Une représentation paramétrique d'une droite décrit ses points à partir d'un point connu et d'une direction. Une équation cartésienne d'un plan traduit une condition d'orthogonalité à un vecteur normal.

Ce cours apprend à passer de la géométrie aux coordonnées et à revenir à une conclusion géométrique : appartenance, intersection, parallélisme, droites non coplanaires ou projection orthogonale. Les contrôles indiqués après chaque calcul évitent qu'un système résolu soit pris pour une réponse complète.

Construire la représentation paramétrique d’une droite

Un point et un vecteur directeur

La droite passant par A(xA;yA;zA)A(x_A;y_A;z_A) et de vecteur directeur u⃗=(a;b;c)≠0⃗\vec u=(a;b;c)\neq\vec0 est l'ensemble des points M tels que AM→=tu⃗\overrightarrow{AM}=t\vec u, avec t∈Rt\in\mathbb R.

{x=xA+aty=yA+btz=zA+ct(t∈R)\begin{cases}x=x_A+at\\y=y_A+bt\\z=z_A+ct\end{cases}\quad(t\in\mathbb R)

Construire la droite à partir de deux points

Si A(1;−1;2)A(1;-1;2) et B(3;0;−2)B(3;0;-2), alors AB→=(2;1;−4)\overrightarrow{AB}=(2;1;-4) est un vecteur directeur de la droite (AB). Une représentation est donc x=1+2tx=1+2t, y=−1+ty=-1+t, z=2−4tz=2-4t, avec t∈Rt\in\mathbb R. Le point B est retrouvé pour t=1t=1, ce qui fournit un contrôle immédiat.

Une droite possède une infinité de représentations paramétriques. On peut partir d'un autre point de la droite, remplacer son directeur par un multiple non nul ou effectuer un changement de paramètre. Les écritures obtenues décrivent alors le même ensemble de points.

Construire l’équation cartésienne d’un plan

Un point et un vecteur normal

Si n⃗=(a;b;c)≠0⃗\vec n=(a;b;c)\neq\vec0 est un vecteur normal d'un plan passant par A, alors M appartient au plan si et seulement si n⃗⋅AM→=0\vec n\cdot\overrightarrow{AM}=0. Après développement, une équation s'écrit ax+by+cz+d=0ax+by+cz+d=0.

Déterminer la constante et vérifier l’équation

Pourquoi cette équation décrit-elle exactement le plan ? Dans un repère orthonormé, n⃗⋅AM→=a(x−xA)+b(y−yA)+c(z−zA)\vec n\cdot\overrightarrow{AM}=a(x-x_A)+b(y-y_A)+c(z-z_A). L'orthogonalité équivaut donc à ax+by+cz+d=0ax+by+cz+d=0, avec d=−axA−byA−czAd=-ax_A-by_A-cz_A. Ce n'est pas seulement une condition nécessaire : tout point vérifiant l'équation a son vecteur AM→\overrightarrow{AM} orthogonal à la normale et appartient au plan passant par A perpendiculaire à cette normale.

Réciproquement, si (a;b;c)≠(0;0;0)(a;b;c)\neq(0;0;0), l'ensemble défini par ax+by+cz+d=0ax+by+cz+d=0 est bien un plan. Si, par exemple, a≠0a\neq0, le point A(−d/a;0;0)A(-d/a;0;0) vérifie l'équation, qui se réécrit n⃗⋅AM→=0\vec n\cdot\overrightarrow{AM}=0. On procède avec b ou c si nécessaire. Lorsque les trois coefficients sont nuls, on obtient tout l'espace si d=0d=0, ou l'ensemble vide sinon, jamais un plan.

Le plan passant par A(1;−2;0)A(1;-2;0) et normal à n⃗=(2;−1;3)\vec n=(2;-1;3) a une équation de la forme 2x−y+3z+d=02x-y+3z+d=0. Les coordonnées de A donnent 2+2+d=02+2+d=0, donc d=−4d=-4. On obtient 2x−y+3z−4=02x-y+3z-4=0. Le contrôle porte sur deux faits : A vérifie l'équation et les coefficients de x, y et z sont les coordonnées d'un vecteur normal.

Si le plan est donné par deux directions non colinéaires u⃗\vec u et v⃗\vec v, on peut chercher n⃗=(a;b;c)\vec n=(a;b;c) en résolvant n⃗⋅u⃗=0\vec n\cdot\vec u=0 et n⃗⋅v⃗=0\vec n\cdot\vec v=0. Aucun produit vectoriel n'est nécessaire dans le programme visé.

Tester l’appartenance d’un point

Une même valeur du paramètre pour les trois coordonnées

Pour étudier l'appartenance d'un point à une droite, ses trois coordonnées doivent correspondre à une seule et même valeur du paramètre. Si dd est donnée par x=1+2tx=1+2t, y=−1+ty=-1+t, z=2−4tz=2-4t, le point C(5;1;−6)C(5;1;-6) appartient à d car les trois lignes conduisent à t=2t=2. Deux valeurs incompatibles suffisent à prouver qu'un point n'est pas sur la droite.

Pour un plan cartésien, on substitue simplement les coordonnées du point dans le membre de gauche. La conclusion doit toujours nommer le point et l'objet étudié.

DonnéeLecture ou test
Droite paramétriqueconstantes : un point ; coefficients du paramètre : une direction
Plan cartésiencoefficients de x, y et z : une normale
Point sur une droiteun même paramètre vérifie les trois lignes
Point dans un planles coordonnées rendent le membre de gauche nul
Erreur fréquente : dans l'espace, une seule équation cartésienne non triviale définit en général un plan, pas une droite. Une droite peut être décrite par un système de deux équations de plans.

Résoudre une intersection droite-plan

Substituer, résoudre, puis interpréter

Pour une intersection droite-plan, on remplace x, y et z dans l'équation du plan par les expressions de la droite. L'équation obtenue en t ne sert pas seulement à calculer : sa nature détermine la position relative.

Résultat après substitutionConclusion géométrique
une valeur unique de tla droite coupe le plan en un point
une égalité impossiblela droite est strictement parallèle au plan
une identité vraie pour tout tla droite est incluse dans le plan
  1. résoudre l'équation en t ;
  2. calculer les trois coordonnées du point si la solution est unique ;
  3. remplacer le point obtenu dans la droite et dans le plan ;
  4. rédiger la conclusion géométrique correspondant au nombre de solutions.
Intersection d'une droite et d'un plan
Le paramètre sélectionne le point de la droite qui vérifie aussi l'équation du plan.

Une intersection vérifiée dans les deux objets

La droite d:(x,y,z)=(1+t;2−t;2t)d:(x,y,z)=(1+t;2-t;2t) rencontre-t-elle le plan P:x+y+z−5=0\mathcal P:x+y+z-5=0 ? La substitution donne 1+t+2−t+2t−5=01+t+2-t+2t-5=0, soit 2t−2=02t-2=0. Il existe une unique solution t=1t=1. Le point d'intersection est donc I(2;1;2)I(2;1;2). Il appartient à d pour ce paramètre et vérifie 2+1+2−5=02+1+2-5=0, ce qui contrôle le résultat.

Étudier deux droites de l’espace

Comparer les directions avant de chercher un point commun

Si les vecteurs directeurs sont colinéaires, les droites sont parallèles ou confondues. On distingue les deux cas en testant si un point de l'une appartient à l'autre. Si les directions ne sont pas colinéaires, les droites peuvent être sécantes ou non coplanaires.

Employer deux paramètres indépendants

Considérons d:(x;y;z)=(t;1+t;2t)d:(x;y;z)=(t;1+t;2t) et d′:(x;y;z)=(1;2;2s)d':(x;y;z)=(1;2;2s). Les directions ne sont pas colinéaires. L'égalité des coordonnées donne t=1t=1, puis 1+t=21+t=2, et enfin 2t=2s2t=2s, donc s=1s=1. Les droites sont sécantes en I(1;2;2)I(1;2;2). Si ce système avait été incompatible, elles auraient été non coplanaires.

Erreur fréquente : utiliser le même paramètre pour deux droites différentes impose artificiellement une relation entre leurs points. On introduit par exemple t pour la première et s pour la seconde.

Décrire une droite comme intersection de deux plans

Résoudre deux équations cartésiennes simultanément

Les plans P:x+y+z=3\mathcal P:x+y+z=3 et Q:x−y+z=1\mathcal Q:x-y+z=1 ne sont pas parallèles. Leur soustraction donne y=1y=1, puis x+z=2x+z=2. En choisissant x=tx=t, on obtient y=1y=1 et z=2−tz=2-t. Leur intersection est donc la droite (x;y;z)=(t;1;2−t)(x;y;z)=(t;1;2-t), dirigée par (1;0;−1)(1;0;-1).

Le paramètre est libre parce que deux équations indépendantes imposent deux contraintes aux trois coordonnées. Chaque point de la droite vérifie les deux équations, ce qui doit être contrôlé après la résolution.

Construire un projeté orthogonal

Projection orthogonale sur une droite

La droite d passe par A(1;0;0)A(1;0;0) et est dirigée par u⃗=(1;1;0)\vec u=(1;1;0). Pour projeter M(2;0;1)M(2;0;1) sur d, on écrit H=A+tu⃗=(1+t;t;0)H=A+t\vec u=(1+t;t;0), puis on impose MH→⋅u⃗=0\overrightarrow{MH}\cdot\vec u=0. Comme MH→=(t−1;t;−1)\overrightarrow{MH}=(t-1;t;-1), on obtient 2t−1=02t-1=0, donc H(3/2;1/2;0)H(3/2;1/2;0). Le contrôle vérifie à la fois H∈dH\in d et MH⊥dMH\perp d.

Projection orthogonale sur un plan

Pour projeter M(1;1;1)M(1;1;1) sur P:2x−y+2z−6=0\mathcal P:2x-y+2z-6=0, on utilise la droite passant par M et dirigée par la normale n⃗=(2;−1;2)\vec n=(2;-1;2). Un point de cette droite est H=(1+2t;1−t;1+2t)H=(1+2t;1-t;1+2t). L'appartenance à P\mathcal P donne −3+9t=0-3+9t=0, donc t=1/3t=1/3 et H(5/3;2/3;5/3)H(5/3;2/3;5/3). Le point H vérifie l'équation du plan et MH→=13n⃗\overrightarrow{MH}=\frac13\vec n.

Contrôle utile : une projection est validée par deux preuves distinctes : le point H appartient à l'objet visé et le vecteur MH est orthogonal à toutes ses directions.

Choisir la méthode et contrôler la conclusion

QuestionOutil décisifContrôle final
construire une droiteun point et un directeurretrouver un second point
construire un planun point et une normalesubstituer le point
intersection droite-plansubstitution dans l'équation du planvérifier le point dans les deux objets
position de deux droitesdirections puis système à deux paramètresnommer la configuration obtenue
projection sur une droitepoint variable H et produit scalaire nulappartenance et orthogonalité
projection sur un plandroite normale puis intersectionappartenance et colinéarité à la normale

Les critères de colinéarité et de coplanarité sont établis dans le cours sur les vecteurs, droites et plans. Les produits scalaires, normales et distances sont approfondis dans le cours d'orthogonalité et de distances.

Les capacités de géométrie repérée utilisées ici correspondent au le programme officiel de Terminale, spécialité mathématiques.