Les programmes de calcul et l’initiation à l’algèbre en 6ème apprennent à décrire une suite d’opérations qui fonctionne avec n’importe quel nombre de départ. Une lettre remplace ce nombre lorsqu’il n’est pas encore connu ou lorsqu’on veut écrire une règle générale.
Le but n’est pas de rendre les calculs plus compliqués, mais de disposer d’un langage court et précis. On exécutera un programme, on le traduira par une expression, on testera une formule et on remontera parfois du résultat vers le nombre de départ.
Qu’est-ce qu’un programme de calcul ?
Définition
Un programme de calcul est une suite ordonnée d’instructions qui transforme un nombre de départ en un nombre d’arrivée.
Par exemple :
- Choisir un nombre.
- Le multiplier par \(3\).
- Ajouter \(5\).
Avec \(4\) comme nombre de départ, on obtient \(4\times3=12\), puis \(12+5=17\). L’ordre est essentiel : ajouter \(5\) avant de multiplier par \(3\) donnerait \((4+5)\times3=27\), ce qui correspond à un autre programme.
Ordre des instructions : exécutez une ligne après l’autre et conservez les résultats intermédiaires. Deux programmes utilisant les mêmes opérations dans un ordre différent ne donnent généralement pas la même sortie.
Entrée, traitement et sortie
Le nombre choisi au début est l’entrée. Les opérations constituent le traitement. Le résultat final est la sortie.
Cette organisation apparaît aussi en algorithmique. Une même entrée produit toujours la même sortie si les instructions et leurs valeurs ne changent pas.
Exécuter un programme de calcul
Une présentation en tableau rend les étapes visibles et limite les erreurs.
| Nombre de départ | Multiplier par \(3\) | Ajouter \(5\) | Résultat |
|---|---|---|---|
| \(4\) | \(4\times3=12\) | \(12+5=17\) | \(17\) |
| \(2,5\) | \(2,5\times3=7,5\) | \(7,5+5=12,5\) | \(12,5\) |
| \(0\) | \(0\times3=0\) | \(0+5=5\) | \(5\) |
Tester \(0\), \(1\) ou un nombre décimal fournit souvent des contrôles utiles. Les techniques opératoires nécessaires sont reprises dans le cours sur les opérations avec les nombres décimaux en 6ème.
Utiliser une lettre pour le nombre de départ
Une lettre peut représenter un nombre variable ou encore inconnu. Si le nombre de départ est noté \(x\), l’instruction « multiplier par \(3\) » donne \(3\times x\), que l’on écrit \(3x\).
Après l’instruction « ajouter \(5\) », on obtient l’expression \(3x+5\). Cette expression décrit le résultat du programme pour toute valeur de \(x\).
La lettre ne cache pas un nombre unique : elle peut prendre successivement plusieurs valeurs. Pour \(x=4\), l’expression vaut \(17\) ; pour \(x=10\), elle vaut \(35\).
Conventions d’écriture algébrique
| Écriture détaillée | Écriture usuelle | Lecture |
|---|---|---|
| \(3\times x\) | \(3x\) | trois fois \(x\) |
| \(x\times x\) | \(x^2\) | \(x\) au carré |
| \(1\times x\) | \(x\) | \(x\) |
| \(x\times5\) | \(5x\) | cinq fois \(x\) |
Le signe de multiplication ne disparaît qu’entre un nombre et une lettre, ou entre des lettres, lorsque l’écriture reste claire. Entre deux nombres, on conserve le signe : \(3\times5\), et non \(35\).
Lecture : \(3x\) est un produit, tandis que \(x+3\) est une somme. Ces expressions ne sont pas interchangeables.
Traduire des instructions en expressions
| Instruction appliquée à \(x\) | Expression |
|---|---|
| Ajouter \(7\) | \(x+7\) |
| Soustraire \(4\) | \(x-4\) |
| Multiplier par \(6\) | \(6x\) |
| Prendre le double puis ajouter \(1\) | \(2x+1\) |
| Ajouter \(3\), puis multiplier le résultat par \(5\) | \(5(x+3)\) |
| Multiplier par \(5\), puis ajouter \(3\) | \(5x+3\) |
Les parenthèses indiquent que l’addition \(x+3\) doit être effectuée avant la multiplication. Elles traduisent la phrase « multiplier le résultat par \(5\) ».
Passer d’une expression à un programme
Pour lire \(4x-7\), on repère les opérations qui s’appliquent au nombre de départ : multiplier par \(4\), puis soustraire \(7\).
Pour \(3(x+2)\), les parenthèses indiquent une autre suite : ajouter \(2\), puis multiplier le résultat par \(3\). Un programme correspondant est :
- Choisir un nombre.
- Lui ajouter \(2\).
- Multiplier le résultat par \(3\).
Plusieurs phrases peuvent décrire la même expression, mais elles doivent respecter exactement la priorité imposée par les parenthèses.
Calculer la valeur d’une expression
Calculer une expression pour une valeur donnée consiste à remplacer la lettre par ce nombre, en conservant les opérations.
Pour \(A=5x+2\) et \(x=3\) :
Pour \(B=4(x+1)\) et \(x=2,5\) :
Écrire la ligne de remplacement avant de calculer évite d’oublier une opération ou une parenthèse.
Utiliser une formule
Une formule est une expression qui relie des grandeurs. Par exemple, le périmètre \(P\) d’un carré de côté \(c\) est \(P=4c\). La lettre permet d’utiliser la même règle pour tous les carrés.
Pour \(c=6,5\ \text{cm}\) :
Une formule ne change pas selon les valeurs. On identifie la grandeur représentée par chaque lettre, on vérifie les unités, puis on remplace les lettres par les nombres connus.
Comparer deux programmes de calcul
Deux programmes peuvent donner le même résultat pour une valeur sans être toujours équivalents. Il faut les tester avec plusieurs nombres ou traduire chacun par une expression.
Exemple
Programme A : doubler le nombre puis ajouter \(6\). Son expression est \(2x+6\).
Programme B : ajouter \(3\) puis doubler le résultat. Son expression est \(2(x+3)\).
Pour \(x=5\), les deux donnent \(16\). Pour comprendre que cette égalité vaut pour tout \(x\), on peut observer que doubler \(x+3\) revient à doubler \(x\) et à doubler \(3\), donc à obtenir \(2x+6\).
En 6ème, cette observation peut être justifiée avec un schéma, un tableau ou le sens de la multiplication, sans transformer mécaniquement des expressions longues.
Tester une égalité
Une égalité comportant une lettre peut être vraie pour certaines valeurs et fausse pour d’autres. Tester une valeur consiste à calculer séparément le membre de gauche et le membre de droite.
Pour tester \(3x+2=14\) avec \(x=4\) :
L’égalité est vraie pour \(x=4\). Avec \(x=3\), le membre de gauche vaut \(11\), donc l’égalité est fausse. Tester confirme une valeur proposée, mais ne prouve pas qu’elle est la seule possible.
Remonter un programme de calcul
Si le résultat final est connu, on peut parfois retrouver le nombre de départ en appliquant les opérations inverses dans l’ordre inverse.
Le programme multiplie par \(3\), puis ajoute \(5\), et produit \(26\). On commence par annuler l’addition de \(5\), puis on annule la multiplication par \(3\).
La vérification directe donne \(7\times3+5=26\). Les couples d’opérations inverses utiles sont additionner/soustraire et multiplier/diviser.
Sens du retour : on inverse à la fois les opérations et leur ordre. Revenir de « multiplier par \(3\), puis ajouter \(5\) » demande « soustraire \(5\), puis diviser par \(3\) ».
Mettre un problème en langage algébrique
Une lettre aide à décrire une quantité qui varie. Un carnet coûte \(x\) euros et un stylo coûte \(2\) euros. Le prix de trois carnets et d’un stylo est \(3x+2\) euros.
Un rectangle a pour longueur \(x\) centimètres et pour largeur \(4\) centimètres. Son périmètre s’écrit :
La lettre doit être définie avant l’expression, et les unités restent attachées aux grandeurs du problème.
Programmes de calcul et proportionnalité
Le programme « multiplier le nombre par \(4\) » décrit une situation de proportionnalité : la sortie est \(4x\). En revanche, « multiplier par \(4\), puis ajouter \(3\) » donne \(4x+3\) et n’est pas une situation de proportionnalité, car l’entrée \(0\) produit la sortie \(3\).
Le test de l’entrée \(0\) est utile : dans une relation proportionnelle, \(0\) correspond à \(0\). D’autres méthodes de reconnaissance sont présentées dans le cours sur la proportionnalité en 6ème.
Construire un tableau de valeurs
Un tableau de valeurs rassemble plusieurs entrées et les sorties correspondantes. Il permet d’observer le fonctionnement d’une expression sans réécrire tout le programme à chaque fois.
Pour le programme \(3x+5\) :
| Entrée \(x\) | \(0\) | \(1\) | \(2\) | \(5\) | \(10\) |
|---|---|---|---|---|---|
| Sortie \(3x+5\) | \(5\) | \(8\) | \(11\) | \(20\) | \(35\) |
Lorsque l’entrée augmente de \(1\), la sortie augmente ici de \(3\), car le nombre de départ est multiplié par \(3\). Le \(+5\) fixe la sortie correspondant à l’entrée \(0\). Ces observations aident à retrouver une expression à partir d’un tableau simple.
Retrouver une règle
Si les entrées \(0\), \(1\), \(2\), \(3\) produisent les sorties \(4\), \(6\), \(8\), \(10\), chaque augmentation de \(1\) ajoute \(2\) à la sortie et l’entrée \(0\) donne \(4\). Une règle possible est donc \(2x+4\). On la contrôle avec toutes les colonnes avant de la retenir.
Décrire une suite de figures avec une formule
L’algèbre sert aussi à généraliser un motif. Une rangée de \(n\) carrés séparés utilise \(4n\) côtés si on compte chaque carré isolément. Si les carrés sont accolés, deux carrés voisins partagent un côté et le nombre de segments visibles suit une autre règle.
Pour un motif composé d’un carré central et de \(n\) carrés ajoutés, on peut compter directement sur les premières figures, organiser les résultats dans un tableau, puis chercher ce qui augmente régulièrement. La lettre \(n\) représente alors le numéro de la figure ou le nombre d’éléments répétés.
Une formule doit être vérifiée sur plusieurs cas, notamment le premier motif et un motif plus grand. Une règle qui fonctionne seulement pour une figure peut provenir d’une coïncidence.
Pourquoi utiliser une lettre ?
Une phrase comme « multiplier le nombre de carrés par \(3\), puis ajouter \(2\) » reste longue si elle doit être répétée. L’expression \(3n+2\) contient la même information et permet de calculer immédiatement pour \(n=10\), \(n=100\) ou toute autre valeur.
Repérer et corriger une erreur dans un programme
Corriger un programme de calcul consiste à comparer chaque instruction avec l’expression et avec les résultats attendus. Une erreur peut venir d’un ordre inversé, d’une parenthèse oubliée, d’une opération mal recopiée ou d’un résultat intermédiaire faux.
Si un élève traduit « ajouter \(4\), puis multiplier le résultat par \(2\) » par \(x+4\times2\), il a perdu les parenthèses. L’écriture correcte est \(2(x+4)\). Avec \(x=3\), le programme donne \(14\), alors que \(x+4\times2\) donne \(11\) : un test simple révèle l’écart.
Pour localiser l’erreur, on exécute les deux versions ligne par ligne avec la même entrée. Le premier résultat différent indique l’instruction à corriger. Cette démarche de test et de correction prépare directement le travail en algorithmique.
Présenter et contrôler un raisonnement
- Nommer le nombre de départ, par exemple \(x\).
- Traduire chaque instruction dans l’ordre.
- Utiliser des parenthèses lorsqu’une opération porte sur un résultat entier.
- Tester l’expression avec une valeur simple.
- Comparer le résultat au programme exécuté ligne par ligne.
Un test avec \(0\), \(1\) ou \(10\) repère souvent un coefficient ou un nombre ajouté au mauvais endroit. Il ne remplace pas une explication générale, mais il permet de corriger avant de poursuivre.
À retenir sur l’initiation à l’algèbre en 6ème
- Un programme de calcul transforme une entrée en sortie par des instructions ordonnées.
- Une lettre représente un nombre variable ou encore inconnu.
- \(3\times x\) s’écrit \(3x\), mais \(3\times5\) ne s’écrit pas \(35\).
- Les parenthèses traduisent une opération appliquée à un résultat complet.
- Calculer une expression consiste à remplacer la lettre par une valeur.
- Deux programmes se comparent par des tests et par leurs expressions.
- Pour remonter un programme, on utilise les opérations inverses dans l’ordre inverse.
Ces apprentissages correspondent au programme officiel de mathématiques du cycle 3, qui renforce en 6ème la pré-algèbre, les programmes de calcul, les expressions avec lettres et les formules.