Programmes de calcul et initiation à l’algèbre 6ème

Programmes de calcul et algèbre 6ème : exécutez des instructions, utilisez une lettre, traduisez une expression et testez une formule.

Les programmes de calcul et l’initiation à l’algèbre en 6ème apprennent à décrire une suite d’opérations qui fonctionne avec n’importe quel nombre de départ. Une lettre remplace ce nombre lorsqu’il n’est pas encore connu ou lorsqu’on veut écrire une règle générale.

Le but n’est pas de rendre les calculs plus compliqués, mais de disposer d’un langage court et précis. On exécutera un programme, on le traduira par une expression, on testera une formule et on remontera parfois du résultat vers le nombre de départ.

Qu’est-ce qu’un programme de calcul ?

Définition

Un programme de calcul est une suite ordonnée d’instructions qui transforme un nombre de départ en un nombre d’arrivée.

Par exemple :

  1. Choisir un nombre.
  2. Le multiplier par 33.
  3. Ajouter 55.

Avec 44 comme nombre de départ, on obtient 4×3=124\times3=12, puis 12+5=1712+5=17. L’ordre est essentiel : ajouter 55 avant de multiplier par 33 donnerait (4+5)×3=27(4+5)\times3=27, ce qui correspond à un autre programme.

Ordre des instructions : exécutez une ligne après l’autre et conservez les résultats intermédiaires. Deux programmes utilisant les mêmes opérations dans un ordre différent ne donnent généralement pas la même sortie.

Entrée, traitement et sortie

Le nombre choisi au début est l’entrée. Les opérations constituent le traitement. Le résultat final est la sortie.

Programme de calcul multiplier par trois puis ajouter cinq
La flèche impose l’ordre des opérations : l’expression finale est 3x+53x+5.

Cette organisation apparaît aussi en algorithmique. Une même entrée produit toujours la même sortie si les instructions et leurs valeurs ne changent pas.

Exécuter un programme de calcul

Une présentation en tableau rend les étapes visibles et limite les erreurs.

Nombre de départMultiplier par 33Ajouter 55Résultat
444×3=124\times3=1212+5=1712+5=171717
2,52,52,5×3=7,52,5\times3=7,57,5+5=12,57,5+5=12,512,512,5
000×3=00\times3=00+5=50+5=555

Tester 00, 11 ou un nombre décimal fournit souvent des contrôles utiles. Les techniques opératoires nécessaires sont reprises dans le cours sur les opérations avec les nombres décimaux en 6ème.

Utiliser une lettre pour le nombre de départ

Une lettre peut représenter un nombre variable ou encore inconnu. Si le nombre de départ est noté xx, l’instruction « multiplier par 33 » donne 3×x3\times x, que l’on écrit 3x3x.

Après l’instruction « ajouter 55 », on obtient l’expression 3x+53x+5. Cette expression décrit le résultat du programme pour toute valeur de xx.

x3x3x+5.x\longmapsto3x\longmapsto3x+5.

La lettre ne cache pas un nombre unique : elle peut prendre successivement plusieurs valeurs. Pour x=4x=4, l’expression vaut 1717 ; pour x=10x=10, elle vaut 3535.

Conventions d’écriture algébrique

Écriture détailléeÉcriture usuelleLecture
3×x3\times x3x3xtrois fois xx
x×xx\times xx2x^2xx au carré
1×x1\times xxxxx
x×5x\times55x5xcinq fois xx

Le signe de multiplication ne disparaît qu’entre un nombre et une lettre, ou entre des lettres, lorsque l’écriture reste claire. Entre deux nombres, on conserve le signe : 3×53\times5, et non 3535.

Lecture : 3x3x est un produit, tandis que x+3x+3 est une somme. Ces expressions ne sont pas interchangeables.

Traduire des instructions en expressions

Instruction appliquée à xxExpression
Ajouter 77x+7x+7
Soustraire 44x4x-4
Multiplier par 666x6x
Prendre le double puis ajouter 112x+12x+1
Ajouter 33, puis multiplier le résultat par 555(x+3)5(x+3)
Multiplier par 55, puis ajouter 335x+35x+3

Les parenthèses indiquent que l’addition x+3x+3 doit être effectuée avant la multiplication. Elles traduisent la phrase « multiplier le résultat par 55 ».

Passer d’une expression à un programme

Pour lire 4x74x-7, on repère les opérations qui s’appliquent au nombre de départ : multiplier par 44, puis soustraire 77.

Pour 3(x+2)3(x+2), les parenthèses indiquent une autre suite : ajouter 22, puis multiplier le résultat par 33. Un programme correspondant est :

  1. Choisir un nombre.
  2. Lui ajouter 22.
  3. Multiplier le résultat par 33.

Plusieurs phrases peuvent décrire la même expression, mais elles doivent respecter exactement la priorité imposée par les parenthèses.

Calculer la valeur d’une expression

Calculer une expression pour une valeur donnée consiste à remplacer la lettre par ce nombre, en conservant les opérations.

Pour A=5x+2A=5x+2 et x=3x=3 :

A=5×3+2=15+2=17.A=5\times3+2=15+2=17.

Pour B=4(x+1)B=4(x+1) et x=2,5x=2,5 :

B=4×(2,5+1)=4×3,5=14.B=4\times(2,5+1)=4\times3,5=14.

Écrire la ligne de remplacement avant de calculer évite d’oublier une opération ou une parenthèse.

Utiliser une formule

Une formule est une expression qui relie des grandeurs. Par exemple, le périmètre PP d’un carré de côté cc est P=4cP=4c. La lettre permet d’utiliser la même règle pour tous les carrés.

Pour c=6,5 cmc=6,5\ \text{cm} :

P=4×6,5=26 cm.P=4\times6,5=26\ \text{cm}.

Une formule ne change pas selon les valeurs. On identifie la grandeur représentée par chaque lettre, on vérifie les unités, puis on remplace les lettres par les nombres connus.

Comparer deux programmes de calcul

Deux programmes peuvent donner le même résultat pour une valeur sans être toujours équivalents. Il faut les tester avec plusieurs nombres ou traduire chacun par une expression.

Exemple

Programme A : doubler le nombre puis ajouter 66. Son expression est 2x+62x+6.

Programme B : ajouter 33 puis doubler le résultat. Son expression est 2(x+3)2(x+3).

Pour x=5x=5, les deux donnent 1616. Pour comprendre que cette égalité vaut pour tout xx, on peut observer que doubler x+3x+3 revient à doubler xx et à doubler 33, donc à obtenir 2x+62x+6.

2(x+3)=2x+6.2(x+3)=2x+6.

En 6ème, cette observation peut être justifiée avec un schéma, un tableau ou le sens de la multiplication, sans transformer mécaniquement des expressions longues.

Tester une égalité

Une égalité comportant une lettre peut être vraie pour certaines valeurs et fausse pour d’autres. Tester une valeur consiste à calculer séparément le membre de gauche et le membre de droite.

Pour tester 3x+2=143x+2=14 avec x=4x=4 :

3×4+2=12+2=14.3\times4+2=12+2=14.

L’égalité est vraie pour x=4x=4. Avec x=3x=3, le membre de gauche vaut 1111, donc l’égalité est fausse. Tester confirme une valeur proposée, mais ne prouve pas qu’elle est la seule possible.

Remonter un programme de calcul

Si le résultat final est connu, on peut parfois retrouver le nombre de départ en appliquant les opérations inverses dans l’ordre inverse.

Le programme multiplie par 33, puis ajoute 55, et produit 2626. On commence par annuler l’addition de 55, puis on annule la multiplication par 33.

265=21,21÷3=7.26-5=21,\qquad 21\div3=7.

La vérification directe donne 7×3+5=267\times3+5=26. Les couples d’opérations inverses utiles sont additionner/soustraire et multiplier/diviser.

Sens du retour : on inverse à la fois les opérations et leur ordre. Revenir de « multiplier par 33, puis ajouter 55 » demande « soustraire 55, puis diviser par 33 ».

Mettre un problème en langage algébrique

Une lettre aide à décrire une quantité qui varie. Un carnet coûte xx euros et un stylo coûte 22 euros. Le prix de trois carnets et d’un stylo est 3x+23x+2 euros.

Un rectangle a pour longueur xx centimètres et pour largeur 44 centimètres. Son périmètre s’écrit :

P=2(x+4).P=2(x+4).

La lettre doit être définie avant l’expression, et les unités restent attachées aux grandeurs du problème.

Programmes de calcul et proportionnalité

Le programme « multiplier le nombre par 44 » décrit une situation de proportionnalité : la sortie est 4x4x. En revanche, « multiplier par 44, puis ajouter 33 » donne 4x+34x+3 et n’est pas une situation de proportionnalité, car l’entrée 00 produit la sortie 33.

Le test de l’entrée 00 est utile : dans une relation proportionnelle, 00 correspond à 00. D’autres méthodes de reconnaissance sont présentées dans le cours sur la proportionnalité en 6ème.

Construire un tableau de valeurs

Un tableau de valeurs rassemble plusieurs entrées et les sorties correspondantes. Il permet d’observer le fonctionnement d’une expression sans réécrire tout le programme à chaque fois.

Pour le programme 3x+53x+5 :

Entrée xx001122551010
Sortie 3x+53x+55588111120203535

Lorsque l’entrée augmente de 11, la sortie augmente ici de 33, car le nombre de départ est multiplié par 33. Le +5+5 fixe la sortie correspondant à l’entrée 00. Ces observations aident à retrouver une expression à partir d’un tableau simple.

Retrouver une règle

Si les entrées 00, 11, 22, 33 produisent les sorties 44, 66, 88, 1010, chaque augmentation de 11 ajoute 22 à la sortie et l’entrée 00 donne 44. Une règle possible est donc 2x+42x+4. On la contrôle avec toutes les colonnes avant de la retenir.

Décrire une suite de figures avec une formule

L’algèbre sert aussi à généraliser un motif. Une rangée de nn carrés séparés utilise 4n4n côtés si on compte chaque carré isolément. Si les carrés sont accolés, deux carrés voisins partagent un côté et le nombre de segments visibles suit une autre règle.

Pour un motif composé d’un carré central et de nn carrés ajoutés, on peut compter directement sur les premières figures, organiser les résultats dans un tableau, puis chercher ce qui augmente régulièrement. La lettre nn représente alors le numéro de la figure ou le nombre d’éléments répétés.

Une formule doit être vérifiée sur plusieurs cas, notamment le premier motif et un motif plus grand. Une règle qui fonctionne seulement pour une figure peut provenir d’une coïncidence.

Pourquoi utiliser une lettre ?

Une phrase comme « multiplier le nombre de carrés par 33, puis ajouter 22 » reste longue si elle doit être répétée. L’expression 3n+23n+2 contient la même information et permet de calculer immédiatement pour n=10n=10, n=100n=100 ou toute autre valeur.

Repérer et corriger une erreur dans un programme

Corriger un programme de calcul consiste à comparer chaque instruction avec l’expression et avec les résultats attendus. Une erreur peut venir d’un ordre inversé, d’une parenthèse oubliée, d’une opération mal recopiée ou d’un résultat intermédiaire faux.

Si un élève traduit « ajouter 44, puis multiplier le résultat par 22 » par x+4×2x+4\times2, il a perdu les parenthèses. L’écriture correcte est 2(x+4)2(x+4). Avec x=3x=3, le programme donne 1414, alors que x+4×2x+4\times2 donne 1111 : un test simple révèle l’écart.

Pour localiser l’erreur, on exécute les deux versions ligne par ligne avec la même entrée. Le premier résultat différent indique l’instruction à corriger. Cette démarche de test et de correction prépare directement le travail en algorithmique.

Présenter et contrôler un raisonnement

  1. Nommer le nombre de départ, par exemple xx.
  2. Traduire chaque instruction dans l’ordre.
  3. Utiliser des parenthèses lorsqu’une opération porte sur un résultat entier.
  4. Tester l’expression avec une valeur simple.
  5. Comparer le résultat au programme exécuté ligne par ligne.

Un test avec 00, 11 ou 1010 repère souvent un coefficient ou un nombre ajouté au mauvais endroit. Il ne remplace pas une explication générale, mais il permet de corriger avant de poursuivre.

À retenir sur l’initiation à l’algèbre en 6ème

  • Un programme de calcul transforme une entrée en sortie par des instructions ordonnées.
  • Une lettre représente un nombre variable ou encore inconnu.
  • 3×x3\times x s’écrit 3x3x, mais 3×53\times5 ne s’écrit pas 3535.
  • Les parenthèses traduisent une opération appliquée à un résultat complet.
  • Calculer une expression consiste à remplacer la lettre par une valeur.
  • Deux programmes se comparent par des tests et par leurs expressions.
  • Pour remonter un programme, on utilise les opérations inverses dans l’ordre inverse.

Ces apprentissages correspondent au programme officiel de mathématiques du cycle 3, qui renforce en 6ème la pré-algèbre, les programmes de calcul, les expressions avec lettres et les formules.