Probabilités 6ème : cours, fractions et situations simples

Probabilités 6ème : issues, événements, équiprobabilité, fractions et fréquences expliqués avec des dés, pièces, roues et tirages.

Le cours sur les probabilités en 6ème donne un nombre à la possibilité qu’un événement se produise. Ce nombre est compris entre 00 et 11 : 00 correspond à l’impossible, 11 au certain, et les valeurs intermédiaires décrivent des événements plus ou moins probables.

À partir de pièces, de dés, de roues et de tirages simples, on apprendra à décrire les issues, reconnaître l’équiprobabilité, calculer une probabilité sous forme de fraction et comparer la théorie avec les fréquences observées lors d’expériences répétées.

Expérience aléatoire, issue et événement

Expérience aléatoire

Une expérience est aléatoire lorsque son résultat ne peut pas être connu avec certitude avant sa réalisation, même si l’on connaît tous les résultats possibles.

Lancer une pièce, lancer un dé ou tirer une boule dans un sac sans regarder sont des expériences aléatoires. Calculer 7+57+5 n’en est pas une, car le résultat est déterminé.

Issue et événement

Une issue est un résultat possible de l’expérience. Un événement est constitué d’une ou plusieurs issues répondant à une condition.

Lorsqu’on lance un dé à six faces, les issues sont 11, 22, 33, 44, 55 et 66. L’événement « obtenir un nombre pair » contient les issues 22, 44 et 66.

Vocabulaire : l’événement « obtenir un nombre pair » n’est pas une seule issue. Il peut être réalisé par trois résultats différents.

L’échelle des probabilités de 0 à 1

Une probabilité est toujours comprise entre 00 et 11. Plus elle est proche de 11, plus l’événement a de chances de se produire. Plus elle est proche de 00, moins il est probable.

Échelle des probabilités de zéro à un
Une probabilité peut s’écrire comme une fraction, un nombre décimal ou un pourcentage, mais sa position sur l’échelle reste la même.
0P(A)1.0\leq P(A)\leq1.

Événement impossible, certain ou possible

ÉvénementExemple avec un dé à six facesProbabilité
ImpossibleObtenir 8800
Possible mais non certainObtenir un nombre pairentre 00 et 11
CertainObtenir un nombre de 11 à 6611

Un événement très probable n’est pas certain. Même si une boule rouge représente 9999 boules sur 100100, une boule bleue peut encore être tirée. La probabilité décrit une chance, pas une prédiction garantie du prochain résultat.

Situations d’équiprobabilité

Une situation est équiprobable lorsque toutes les issues ont la même probabilité de se produire.

Une pièce équilibrée donne Pile et Face avec la même probabilité. Un dé équilibré possède six faces ayant chacune la même chance d’apparaître. En revanche, une roue dont les secteurs n’ont pas la même aire n’est pas nécessairement équiprobable.

Le mot « équilibré » ou la symétrie du dispositif justifie l’équiprobabilité. On ne peut pas la supposer si un sac contient des nombres différents de boules de chaque couleur ou si une roue comporte des secteurs inégaux.

Calculer une probabilité simple

Formule en situation d’équiprobabilité

Lorsque toutes les issues sont équiprobables, la probabilité d’un événement est le nombre d’issues favorables divisé par le nombre total d’issues possibles.

P(A)=nombre d’issues favorables aˋ Anombre total d’issues.P(A)= \frac{\text{nombre d’issues favorables à }A} {\text{nombre total d’issues}}.

Pour un dé équilibré, l’événement AA : « obtenir un nombre pair » possède trois issues favorables, 22, 44 et 66, parmi six issues possibles.

P(A)=36=12.P(A)=\frac{3}{6}=\frac{1}{2}.

Le calcul ne consiste pas à additionner les nombres 2+4+62+4+6. On compte combien d’issues respectent la condition.

Probabilité sous forme de fraction, décimale ou pourcentage

Ces trois écritures désignent la même position sur l’échelle des probabilités.

FractionNombre décimalPourcentageInterprétation
14\frac{1}{4}0,250,2525%25\,\%une chance sur quatre
12\frac{1}{2}0,50,550%50\,\%une chance sur deux
34\frac{3}{4}0,750,7575%75\,\%trois chances sur quatre

Le cours sur les fractions en 6ème explique les simplifications et les écritures équivalentes. Celui sur les pourcentages en 6ème détaille le passage à une comparaison sur 100100.

Exemple avec une pièce équilibrée

L’univers des issues est {Pile,Face}\{\text{Pile},\text{Face}\}. Chaque issue a une probabilité de 12\frac12. L’événement « obtenir Pile » a donc une probabilité 12\frac12.

La probabilité 12\frac12 ne signifie pas que deux lancers donneront obligatoirement un Pile et un Face. On peut obtenir deux fois Pile. Sur un grand nombre de lancers, la fréquence de Pile tend seulement à se rapprocher de 12\frac12.

Hasard : les résultats précédents ne forcent pas le résultat suivant. Après cinq Pile consécutifs, la probabilité de Face au prochain lancer reste 12\frac12 si la pièce est équilibrée.

Exemple avec un dé équilibré

On considère un dé numéroté de 11 à 66.

ÉvénementIssues favorablesProbabilité
Obtenir 66{6}\{6\}16\frac16
Obtenir un nombre impair{1,3,5}\{1,3,5\}36=12\frac36=\frac12
Obtenir un nombre supérieur à 44{5,6}\{5,6\}26=13\frac26=\frac13
Obtenir un nombre inférieur à 77{1,2,3,4,5,6}\{1,2,3,4,5,6\}11

Pour éviter les oublis, on écrit d’abord toutes les issues possibles, puis on entoure celles qui réalisent l’événement.

Exemple avec des boules dans un sac

Un sac contient 55 boules rouges, 33 bleues et 22 vertes, indiscernables au toucher. Il contient 5+3+2=105+3+2=10 boules. Chaque boule a la même chance d’être tirée, mais les couleurs n’ont pas la même probabilité parce qu’elles ne sont pas présentes en même quantité.

P(rouge)=510=12,P(bleue)=310,P(verte)=210=15.P(\text{rouge})=\frac{5}{10}=\frac12,\qquad P(\text{bleue})=\frac{3}{10},\qquad P(\text{verte})=\frac{2}{10}=\frac15.

La somme vaut 11, car le tirage produit nécessairement l’une des trois couleurs. Une couleur représentée par plus de boules est plus probable, même si chaque boule individuelle reste équiprobable.

Exemple avec une roue

Pour une roue partagée en secteurs de même aire, chaque secteur est équiprobable. Si huit secteurs égaux portent trois fois la lettre AA, deux fois BB et trois fois CC, alors :

P(A)=38.P(A)=\frac{3}{8}.

Si les secteurs n’ont pas la même aire, compter les secteurs ne suffit plus. Un grand secteur peut être plus probable que plusieurs petits secteurs réunis. Il faut alors comparer les parts de la roue ou utiliser les informations données.

Événement contraire

L’événement contraire de AA, noté « non AA », se réalise exactement lorsque AA ne se réalise pas.

Un événement et son contraire couvrent toutes les issues sans se réaliser en même temps. Leurs probabilités ont pour somme 11.

P(non A)=1P(A).P(\text{non }A)=1-P(A).

Pour un dé, si AA signifie « obtenir un nombre supérieur à 44 », alors P(A)=26P(A)=\frac{2}{6}. Son contraire est « obtenir un nombre inférieur ou égal à 44 » et vaut 126=461-\frac{2}{6}=\frac{4}{6}.

Comparer des probabilités

Pour comparer deux probabilités, on peut les placer sur l’échelle de 00 à 11, utiliser des fractions de même dénominateur, ou passer à des nombres décimaux.

Entre 38\frac{3}{8} et 25\frac{2}{5}, on peut écrire 38=0,375\frac{3}{8}=0,375 et 25=0,4\frac{2}{5}=0,4. L’événement de probabilité 25\frac{2}{5} est donc légèrement plus probable.

Une comparaison correcte porte sur les proportions, pas seulement sur les nombres favorables. Trois issues favorables sur six donnent 12\frac12, alors que quatre sur dix donnent 410=0,4\frac{4}{10}=0,4 : 33 est inférieur à 44, mais 36\frac36 est supérieur à 410\frac4{10}.

Répéter une expérience et calculer une fréquence

Lorsqu’on répète une expérience, la fréquence d’un événement est le nombre de fois où il s’est réalisé divisé par le nombre total d’essais.

freˊquence observeˊe=nombre de reˊalisations de l’eˊveˊnementnombre total d’essais.\text{fréquence observée} =\frac{\text{nombre de réalisations de l’événement}} {\text{nombre total d’essais}}.

Une pièce est lancée 4040 fois et donne 2323 Pile. La fréquence de Pile vaut 2340=0,575\frac{23}{40}=0,575, soit 57,5%57,5\,\%. Elle n’est pas exactement égale à la probabilité théorique 0,50,5.

Lorsque le nombre d’essais augmente, les fréquences ont tendance à se stabiliser près de la probabilité théorique. Elles peuvent toutefois rester différentes sur une série particulière.

La collecte et la représentation de ces résultats sont étudiées dans le cours sur l’organisation et la gestion de données en 6ème.

Probabilité théorique et fréquence observée

NotionOrigineExemple
Probabilité théoriqueModèle et symétrie du dispositifP(Pile)=12P(\text{Pile})=\frac12
Fréquence observéeRésultats d’une série réelle2340=0,575\frac{23}{40}=0,575

Une fréquence sert à estimer une probabilité lorsque le modèle est inconnu. Plusieurs séries ou un plus grand nombre d’essais donnent une estimation généralement plus stable qu’une petite expérience.

Mettre en commun plusieurs expériences

Dans une classe, chaque groupe peut lancer une pièce 2020 fois. Une fréquence calculée sur un seul groupe varie parfois fortement. Pour obtenir la fréquence de la classe, on additionne tous les nombres de Pile et tous les nombres de lancers avant d’effectuer la division.

Supposons que quatre groupes obtiennent respectivement 88, 1212, 1111 et 99 Pile sur 2020 lancers. Le total est 4040 Pile sur 8080 lancers :

8+12+11+920+20+20+20=4080=12.\frac{8+12+11+9}{20+20+20+20} =\frac{40}{80} =\frac12.

On ne calcule pas la moyenne de pourcentages construits sur des nombres d’essais différents sans tenir compte de leurs effectifs. La mise en commun des nombres de réalisations et des nombres d’essais fournit toujours la fréquence globale correcte.

Une série collective peut se rapprocher exactement de la probabilité théorique, comme ici, mais ce n’est pas obligatoire. Le hasard autorise encore un écart, même après de nombreux essais.

Classer des événements du moins probable au plus probable

On peut comparer des événements sans toujours calculer une valeur exacte. Dans un sac contenant beaucoup plus de boules rouges que de boules bleues, tirer rouge est plus probable. Si deux couleurs apparaissent en même quantité et que les boules sont indiscernables, leurs probabilités sont égales.

Pour un classement précis, on transforme les probabilités dans une même écriture. Les fractions de même dénominateur se comparent par leurs numérateurs. Les nombres décimaux se placent directement sur l’échelle de 00 à 11, tandis que les pourcentages se comparent sur une base de 100100.

Exemple de classement

Les événements AA, BB et CC ont pour probabilités 14\frac14, 0,60,6 et 50%50\,\%. On écrit 14=0,25\frac14=0,25 et 50%=0,550\,\%=0,5. Le classement croissant est donc :

P(A)=0,25<P(C)=0,5<P(B)=0,6.P(A)=0,25<P(C)=0,5<P(B)=0,6.

Le mot « probable » ne signifie pas « supérieur à une chance sur deux » dans tous les énoncés. Il peut simplement signifier « qui peut se produire ». Pour éviter l’ambiguïté, on utilise les nombres ou des expressions comme « plus probable que ».

Méthode pour résoudre une situation simple

  1. Décrire l’expérience et écrire toutes les issues possibles.
  2. Vérifier si elles sont équiprobables.
  3. Définir clairement l’événement.
  4. Compter les issues favorables et les issues totales.
  5. Écrire la fraction, puis la simplifier si possible.
  6. Contrôler que le résultat se situe entre 00 et 11.

Si le résultat dépasse 11, le numérateur et le dénominateur ont probablement été inversés ou les cas ont été mal comptés. Une probabilité négative est également impossible.

Avant d’appliquer la formule : vérifiez toujours l’équiprobabilité. Compter les issues favorables sur les issues totales n’est valable directement que lorsque toutes les issues élémentaires ont la même chance.

À retenir sur les probabilités en 6ème

  • Une expérience aléatoire a plusieurs issues possibles sans résultat prévisible avec certitude.
  • Un événement regroupe une ou plusieurs issues.
  • Une probabilité est comprise entre 00 et 11.
  • En équiprobabilité, on divise le nombre d’issues favorables par le nombre total d’issues.
  • Une probabilité peut s’écrire comme fraction, nombre décimal ou pourcentage.
  • L’événement contraire possède une probabilité 1P(A)1-P(A).
  • Une fréquence expérimentale peut différer de la probabilité théorique, surtout sur peu d’essais.

Ce chapitre correspond au programme officiel de mathématiques du cycle 3, qui introduit en 6ème l’échelle des probabilités, l’équiprobabilité et l’observation d’expériences répétées.