Les statistiques inférentielles constituent le socle de toute démarche scientifique rigoureuse : elles permettent de tirer des conclusions sur une population entière à partir de l'observation d'un échantillon aléatoire. Cette page regroupe des exercices corrigés de statistiques inférentielles progressifs, couvrant l'estimation ponctuelle, les propriétés des estimateurs (sans biais, convergence, efficacité), la construction d'intervalles de confiance pour une moyenne ou une proportion, ainsi que les grands tests d'hypothèses paramétriques ; test de Student, test sur une proportion, test du khi-deux d'adéquation et d'indépendance. Chaque exercice est accompagné d'une indication pédagogique et d'un corrigé rédigé étape par étape, avec les formules en LaTeX pour faciliter la compréhension. La progression va du niveau facile au niveau difficile, afin de consolider les bases avant d'aborder des situations complexes rencontrées en licence, en BTS, à l'IUT ou en préparation au CAPES.
Estimation ponctuelle et propriétés des estimateurs
L'estimation ponctuelle consiste à proposer une valeur unique (appelée estimateur) pour approcher un paramètre inconnu d'une population (moyenne μ, proportion p, variance σ2). Un bon estimateur doit être sans biais, convergent et, idéalement, efficace. Les exercices ci-dessous vous entraînent à vérifier ces propriétés et à construire des estimateurs à partir d'un échantillon aléatoire.
Exercice 1 : Estimateur de la moyenne (vérification du caractère sans biais)
Facile
Soit (X1,X2,…,Xn) un échantillon aléatoire simple de taille n issu d'une population d'espérance μ et de variance σ2 finies. On considère la moyenne empiriqueXˉn=n1i=1∑nXi.
Montrer que Xˉn est un estimateur sans biais de μ.
Calculer Var(Xˉn) en supposant les observations indépendantes. Qu'observe-t-on lorsque n→+∞ ?
On définit également l'estimateur Tn=n+11i=1∑nXi. Cet estimateur est-il sans biais ? Calculer son biais.
Indication
Pour la question 1, utiliser la linéarité de l'espérance. Pour la question 2, exploiter l'indépendance des Xi pour calculer la variance d'une somme. Pour la question 3, calculer E(Tn)−μ.
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Solution de la question 1 :
Par linéarité de l'espérance :
E(Xˉn)=n1i=1∑nE(Xi)=n1⋅nμ=μ
Xˉn est donc bien un estimateur sans biais de μ.
Solution de la question 2 :
Les Xi étant indépendantes et de même variance σ2 :
Var(Xˉn)=n21i=1∑nVar(Xi)=n2nσ2=nσ2
Lorsque n→+∞, Var(Xˉn)→0 : l'estimateur est convergent (consistent).
Solution de la question 3 :E(Tn)=n+11i=1∑nE(Xi)=n+1nμ
Le biais est donc :
b(Tn)=E(Tn)−μ=n+1nμ−μ=−n+1μ
Tn est biaisé, sauf si μ=0. Son biais tend vers 0 quand n→+∞, ce qui en fait un estimateur asymptotiquement sans biais.
Exercice 2 : Estimateur de la variance (biais de la variance empirique non corrigée)
Facile
Soit (X1,…,Xn) un échantillon i.i.d. d'espérance μ et de variance σ2. On définit deux statistiques :
Solution de la question 2 :E(Sn∗2)=n−1n⋅E(Sn2)=n−1n⋅nn−1σ2=σ2
Sn∗2 est sans biais. On lui préfère Sn∗2 car il fournit une estimation corrigée, particulièrement importante pour de petits échantillons où le biais de Sn2 est significatif.
Exercice 3 : Maximum de vraisemblance pour une loi exponentielle
Moyen
On observe un échantillon (x1,x2,…,xn) de réalisations indépendantes d'une loi exponentielle de paramètre λ>0, dont la densité est :
f(x;λ)=λe−λx1x≥0
Écrire la fonction de vraisemblance L(λ) et la log-vraisemblance ℓ(λ).
Déterminer l'estimateur du maximum de vraisemblance λ^n de λ.
Montrer que λ^n est sans biais. Est-il convergent ?
Indication
La log-vraisemblance est plus facile à maximiser que la vraisemblance. Dériver ℓ(λ) par rapport à λ et annuler. Se rappeler que l'espérance d'une loi exponentielle de paramètre λ vaut 1/λ.
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Solution de la question 1 :L(λ)=i=1∏nλe−λxi=λnexp(−λi=1∑nxi)ℓ(λ)=nlnλ−λi=1∑nxiSolution de la question 2 :
On dérive et on annule :
dλdℓ=λn−i=1∑nxi=0⟹λ^n=i=1∑nxin=xˉn1
La dérivée seconde −n/λ2<0 confirme qu'il s'agit bien d'un maximum.
Solution de la question 3 :
Puisque E(Xi)=1/λ, par la loi des grands nombres XˉnP1/λ, donc λ^nPλ : l'estimateur est convergent. Cependant, E(λ^n)=n−1nλ (résultat classique pour la loi exponentielle), donc il est légèrement biaisé à distance finie, mais asymptotiquement sans biais.
Intervalles de confiance pour une moyenne
Un intervalle de confiance au niveau 1−α est un intervalle aléatoire qui contient le paramètre inconnu avec la probabilité 1−α. La construction repose sur la connaissance de la loi de l'estimateur : loi normale si n est grand (théorème central limite), ou loi de Student à n−1 degrés de liberté si la population est gaussienne et la variance inconnue. Les exercices suivants couvrent les deux situations, de la formule de base à la détermination de la taille d'échantillon minimale.
Exercice 4 : Intervalle de confiance pour la moyenne (variance connue)
Facile
Un service de livraison enregistre les délais de traitement (en heures) d'un grand nombre de commandes. On sait, d'après une longue étude historique, que l'écart-type est σ=3,2 heures. On prélève un échantillon de n=64 commandes et on obtient une moyenne empirique xˉ=14,5 heures.
Construire un intervalle de confiance bilatéral de niveau 95% pour la moyenne μ du délai de traitement. On rappelle que u0,025=1,96.
Le responsable affirme que le délai moyen est de 15 heures. Cette affirmation est-elle compatible avec l'intervalle obtenu ?
Quelle taille d'échantillon faudrait-il pour que la demi-largeur de l'intervalle de confiance à 95% soit inférieure à 0,5 heure ?
Indication
Comme n≥30 et σ est connu, la variable pivotale est Z=σ/nXˉn−μ∼N(0,1). La demi-largeur vaut uα/2σ/n.
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Solution de la question 1 :
La demi-largeur est :
e=uα/2⋅nσ=1,96×643,2=1,96×0,4=0,784
L'intervalle de confiance à 95% est :
IC95%(μ)=[xˉ−exˉ+e]=[14,5−0,78414,5+0,784]=[13,71615,284]Solution de la question 2 :
La valeur 15 appartient à l'intervalle [13,71615,284]. L'affirmation du responsable est donc compatible avec les données à un seuil de 5%.
Solution de la question 3 :
On cherche n tel que e<0,5 :
1,96×n3,2<0,5⟹n>0,51,96×3,2=12,544⟹n>157,35
Il faut donc un échantillon d'au moins n=158 commandes.
Exercice 5 : Intervalle de confiance pour la moyenne (variance inconnue, loi de Student)
Moyen
Un pharmacien mesure la concentration (en mg/L) d'un principe actif dans 12 flacons prélevés aléatoirement dans une production. Il obtient :
xˉ=48,3mg/L,s∗=2,1mg/L(s∗ : eˊcart-type corrigeˊ)
On suppose que la concentration suit une loi normale dans la population.
Justifier l'utilisation de la loi de Student plutôt que de la loi normale centrée réduite.
Construire un intervalle de confiance bilatéral de niveau 95% pour la concentration moyenne μ. On rappelle que t11;0,025=2,201.
La norme impose une concentration comprise entre 45 et 52 mg/L. L'intervalle obtenu est-il entièrement dans cette plage ? Que peut-on conclure ?
Indication
Lorsque σ est inconnu et n est petit, la variable pivotale T=S∗/nXˉn−μ suit une loi de Student à n−1 degrés de liberté. Ici n=12, donc ν=11.
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Solution de la question 1 :
L'écart-type de la population σ est inconnu et l'échantillon est de petite taille (n=12<30). On ne peut pas invoquer le théorème central limite pour utiliser la loi normale. Sous l'hypothèse de normalité de la population, la statistique T=S∗/nXˉn−μ suit exactement une loi de Student à n−1=11 degrés de liberté.
Solution de la question 2 :
La demi-largeur est :
e=t11;0,025×ns∗=2,201×122,1=2,201×0,6062≈1,334IC95%(μ)=[48,3−1,33448,3+1,334]=[46,9749,63]mg/LSolution de la question 3 :
L'intervalle [46,9749,63] est entièrement inclus dans la plage normative [4552]. On peut donc conclure, avec un niveau de confiance de 95%, que la concentration moyenne μ respecte les exigences de la norme.
Exercice 6 : Comparaison de deux moyennes indépendantes
Difficile
Un chercheur compare le temps de réaction (en millisecondes) de deux groupes de sujets soumis à des conditions différentes. Les données sont :
Groupe
Taille n
Moyenne xˉ
Écart-type corrigé s∗
A (contrôle)
20
310 ms
28 ms
B (traitement)
18
285 ms
31 ms
On suppose les temps de réaction normalement distribués dans chaque groupe et on admet l'égalité des variances des deux populations.
Calculer la variance poolée Sp2.
Construire un intervalle de confiance bilatéral à 95% pour la différence des moyennes μA−μB. On utilisera t36;0,025≈2,028.
Peut-on conclure à une différence significative entre les deux groupes ?
Indication
La variance poolée combine les deux variances échantillonnales pondérées par leurs degrés de liberté respectifs : Sp2=nA+nB−2(nA−1)sA∗2+(nB−1)sB∗2. La statistique pivotale suit une loi de Student à nA+nB−2 degrés de liberté.
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Solution de la question 1 :Sp2=nA+nB−2(nA−1)sA∗2+(nB−1)sB∗2=3619×784+17×961=3614896+16337=3631233≈867,6ms2
Soit Sp≈29,45 ms.
Solution de la question 2 :
L'erreur standard de la différence des moyennes est :
L'intervalle de confiance à 95% pour μA−μB est :
IC95%(μA−μB)=[(xˉA−xˉB)±t36;0,025×SE]=[25±2,028×9,57]=[25±19,41]IC95%(μA−μB)=[5,5944,41]msSolution de la question 3 :
L'intervalle [5,5944,41] ne contient pas la valeur 0. On peut donc conclure, au seuil de 5%, qu'il existe une différence significative entre les temps de réaction moyens des deux groupes : le groupe traitement (B) réagit significativement plus vite que le groupe contrôle (A).
Intervalles de confiance pour une proportion
Estimer une proportion inconnue p dans une population est l'une des applications les plus fréquentes de la statistique inférentielle : sondages d'opinion, contrôle qualité, épidémiologie. La méthode repose sur l'approximation normale de la loi binomiale via le théorème central limite, valable dès que np^≥5 et n(1−p^)≥5. Les exercices ci-dessous traitent la construction de l'intervalle, la détermination de la taille d'échantillon et la comparaison de deux proportions.
Exercice 7 : Intervalle de confiance pour une proportion (sondage d’opinion)
Facile
Lors d'un sondage réalisé auprès de n=400 personnes, 220 déclarent être favorables à une mesure environnementale.
Calculer la fréquence observée p^ et vérifier les conditions d'application de l'approximation normale.
Construire un intervalle de confiance au niveau 95% pour la proportion p dans la population. On rappelle u0,025=1,96.
Peut-on affirmer, au seuil de 5%, que la majorité (plus de 50%) est favorable à cette mesure ?
Indication
L'intervalle de confiance pour une proportion est centré en p^ avec demi-largeur uα/2p^(1−p^)/n. Pour conclure sur la majorité, vérifier si la borne inférieure de l'IC est strictement supérieure à 0,5.
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Solution de la question 1 :p^=400220=0,55
Vérification des conditions : np^=220≥5 et n(1−p^)=180≥5. Les conditions sont satisfaites.
Solution de la question 2 :e=1,964000,55×0,45=1,964000,2475=1,96×0,02488≈0,0488IC95%(p)=[0,55−0,0490,55+0,049]=[0,5010,599]Solution de la question 3 :
La borne inférieure de l'intervalle est 0,501>0,5. On peut donc conclure, au seuil de 5%, que la proportion de personnes favorables est significativement supérieure à 50%, c'est-à-dire que la majorité est favorable.
Exercice 8 : Taille d’échantillon pour un intervalle de confiance sur une proportion
Moyen
Un directeur qualité souhaite estimer la proportion p de pièces défectueuses dans la production d'une usine. Il veut que son intervalle de confiance à 95% ait une demi-largeur inférieure à 0,03 (soit 3 points de pourcentage).
Sans hypothèse préalable sur p, quelle taille d'échantillon minimale doit-il prélever ?
Un technicien estime que p ne dépasse pas 10%. Quelle taille d'échantillon suffit dans ce cas ?
Comparer les deux résultats et commenter.
Indication
La demi-largeur est e=uα/2p(1−p)/n. Pour la majorer sans connaître p, utiliser le fait que p(1−p)≤1/4 pour tout p∈[0,1], avec le maximum atteint en p=1/2.
Avec p≤0,1, la valeur de p(1−p) est maximale en p=0,1 : 0,1×0,9=0,09.
1,96n0,09≤0,03⟹n≥0,031,96×0,3=19,6⟹n≥384,16
Il suffit de n=385 pièces.
Solution de la question 3 :
L'utilisation d'une information préalable sur p réduit considérablement la taille nécessaire : de 1068 à seulement 385 échantillons, soit une réduction de 64%. En pratique, si une estimation grossière de p est disponible (essai pilote, données historiques), il est toujours préférable de l'exploiter pour optimiser le coût de l'étude.
Tests d’hypothèses paramétriques
Un test d'hypothèse est une procédure décisionnelle permettant de choisir entre deux hypothèses statistiques (l'hypothèse nulle H0 et l'hypothèse alternative H1) à partir des données d'un échantillon. On distingue le risque de première espèceα (rejeter H0 à tort) et le risque de deuxième espèceβ (accepter H0 à tort). Les exercices suivants couvrent les tests sur une moyenne (loi normale et Student), les tests sur une proportion, ainsi que le calcul de la p-valeur.
Exercice 9 : Test unilatéral sur une moyenne (loi normale, variance connue)
Facile
Un fabricant prétend que la durée de vie moyenne de ses ampoules LED est de μ0=15000 heures, avec un écart-type connu de σ=600 heures. Un laboratoire indépendant teste n=36 ampoules et mesure une durée de vie moyenne de xˉ=14780 heures.
Formuler les hypothèses H0 et H1 pour tester si la durée de vie est inférieure à ce qu'annonce le fabricant (test unilatéral gauche, seuil α=5%).
Calculer la statistique de test Zobs et prendre la décision. On rappelle que u0,05=1,645.
Calculer la p-valeur et interpréter.
Indication
Sous H0, la statistique Z=σ/nXˉn−μ0 suit N(0,1). Pour un test unilatéral gauche, on rejette H0 si Zobs<−uα. La p-valeur est P(Z≤Zobs) sous H0.
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Solution de la question 1 :H0:μ=15000contreH1:μ<15000Solution de la question 2 :Zobs=σ/nxˉ−μ0=600/3614780−15000=100−220=−2,20
La zone de rejet est ]−∞−1,645[. Comme Zobs=−2,20<−1,645, on rejette H0 au seuil de 5%. Les données indiquent que la durée de vie réelle est significativement inférieure à 15000 heures.
Solution de la question 3 :p-valeur=P(Z≤−2,20)=Φ(−2,20)≈0,0139
La p-valeur est ≈1,39%, bien inférieure au seuil α=5%. Cela confirme le rejet de H0 et indique que si la durée de vie était vraiment de 15000 heures, on n'observerait une telle valeur (ou plus extrême) que dans 1,39% des cas.
Exercice 10 : Test bilatéral sur une moyenne (loi de Student)
Moyen
Un nutritionniste souhaite vérifier si un régime alimentaire particulier modifie le taux de cholestérol (en mmol/L) par rapport à la norme de μ0=5,2 mmol/L. Il suit n=15 patients et relève, après le régime :
xˉ=4,9mmol/L,s∗=0,7mmol/L
On suppose la distribution du taux de cholestérol normale dans la population. On utilise un seuil α=5%.
Formuler H0 et H1 pour un test bilatéral.
Calculer la statistique de Student Tobs et conclure. On rappelle que t14;0,025=2,145.
Quel est le lien entre ce test et l'intervalle de confiance construit à partir des mêmes données ?
Indication
Sous H0, la statistique T=S∗/nXˉn−μ0 suit une loi de Student à n−1=14 degrés de liberté. Pour le lien avec l'IC, rappeler que H0 est rejetée si et seulement si μ0 n'appartient pas à l'IC au même niveau.
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Solution de la question 1 :H0:μ=5,2contreH1:μ=5,2Solution de la question 2 :Tobs=0,7/154,9−5,2=0,1807−0,3≈−1,660
La zone de rejet bilatérale est ]−∞−2,145[∪]2,145+∞[. Comme ∣Tobs∣=1,660<2,145, on ne rejette pas H0 au seuil de 5%. On ne peut pas conclure à une modification significative du taux de cholestérol.
Solution de la question 3 :
L'intervalle de confiance bilatéral à 95% pour μ est :
La valeur μ0=5,2 appartient à [4,5135,287], ce qui est équivalent à ne pas rejeter H0. Il y a une dualité parfaite entre le test et l'intervalle de confiance au même niveau.
Test du khi-deux : adéquation et indépendance
Le test du khi-deux (χ2) est un outil non paramétrique polyvalent. Il sert, d'une part, à tester l'adéquation d'un échantillon à une loi théorique (loi uniforme, loi de Poisson, loi normale…) et, d'autre part, à tester l'indépendance entre deux variables qualitatives observées dans un tableau de contingence. La condition d'application (effectifs théoriques tous supérieurs ou égaux à 5) doit toujours être vérifiée avant de conclure.
Exercice 11 : Test d’adéquation à une loi uniforme (dé équilibré)
Facile
On lance un dé à six faces N=300 fois et on observe les fréquences suivantes :
Face
1
2
3
4
5
6
Effectif observé ni
58
42
55
47
53
45
Calculer les effectifs théoriques sous l'hypothèse que le dé est équilibré.
Calculer la statistique de test χobs2.
Conclure au seuil α=5%. On rappelle que χ5;0,052=11,07.
Indication
Sous l'hypothèse nulle d'équilibre, chaque face a la probabilité 1/6. L'effectif théorique pour chaque face est ei=N/6. La statistique de test est χobs2=∑i=16ei(ni−ei)2 et suit asymptotiquement un χ2 à 6−1=5 degrés de liberté.
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Solution de la question 1 :ei=6300=50pour chaque face
Tous les effectifs théoriques valent 50≥5 : la condition d'application est satisfaite.
Solution de la question 2 :χobs2=50(58−50)2+50(42−50)2+50(55−50)2+50(47−50)2+50(53−50)2+50(45−50)2=5064+64+25+9+9+25=50196=3,92Solution de la question 3 :
Comme χobs2=3,92<χ5;0,052=11,07, on ne rejette pas H0. Les données sont compatibles avec l'hypothèse que le dé est équilibré, au seuil de 5%.
Exercice 12 : Test d’indépendance par tableau de contingence
Moyen
Une enquête portant sur 350 salariés croise leur niveau de formation et leur satisfaction au travail. Le tableau de contingence est le suivant :
Satisfait
Neutre
Insatisfait
Total
Bac ou moins
60
30
50
140
Bac+2 à Bac+3
80
25
35
140
Bac+4 et plus
50
10
10
70
Total
190
65
95
350
Calculer les effectifs théoriques sous l'hypothèse d'indépendance entre formation et satisfaction.
Calculer la statistique χobs2 et conclure au seuil α=5%. On rappelle que χ4;0,052=9,49.
Quel est le nombre de degrés de liberté, et comment est-il déterminé pour un tableau de contingence r×c ?
Indication
L'effectif théorique de la cellule (i,j) est eij=N(total ligne i)×(total colonne j). Le nombre de degrés de liberté est (r−1)(c−1), ici (3−1)(3−1)=4.
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Solution de la question 1 :
Effectifs théoriques eij=Nni⋅×n⋅j :
Satisfait
Neutre
Insatisfait
Bac ou moins
350140×190=76
350140×65=26
350140×95=38
Bac+2 à Bac+3
350140×190=76
350140×65=26
350140×95=38
Bac+4 et plus
35070×190=38
35070×65=13
35070×95=19
Tous les effectifs théoriques sont ≥5 : la condition d'application est respectée.
Solution de la question 2 :χobs2=76(60−76)2+26(30−26)2+38(50−38)2+76(80−76)2+26(25−26)2+38(35−38)2+38(50−38)2+13(10−13)2+19(10−19)2=76256+2616+38144+7616+261+389+38144+139+1981≈3,368+0,615+3,789+0,211+0,038+0,237+3,789+0,692+4,263≈17,00
Comme χobs2≈17,00>χ4;0,052=9,49, on rejette H0 au seuil de 5%. Il existe une liaison significative entre le niveau de formation et la satisfaction au travail.
Solution de la question 3 :
Pour un tableau r×c, le nombre de degrés de liberté est (r−1)(c−1). Ici r=3 lignes et c=3 colonnes, donc ν=2×2=4. Ce résultat traduit le nombre de cellules libres une fois que les marges (totaux lignes et colonnes) sont fixées.
Théorème central limite et convergence des estimateurs
Le théorème central limite (TCL) est le résultat fondamental qui justifie l'approximation normale utilisée dans la quasi-totalité des tests et intervalles de confiance. Il énonce que, sous des conditions très générales, la moyenne d'un grand nombre d'observations indépendantes et identiquement distribuées tend vers une loi normale, quelle que soit la loi mère. Les exercices suivants permettent d'appliquer ce résultat à des situations concrètes et d'en comprendre les conditions d'utilisation.
Exercice 13 : Application directe du théorème central limite
Facile
Le temps de service (en minutes) d'un client dans un guichet bancaire suit une loi d'espérance μ=4 min et d'écart-type σ=1,5 min (loi non précisée). On observe un échantillon de n=100 clients.
D'après le théorème central limite, quelle est la loi approchée de la moyenne empirique Xˉ100 ?
Calculer P(Xˉ100>4,25) grâce à cette approximation.
Calculer P(3,8≤Xˉ100≤4,2).
Indication
Par le TCL, Xˉn≈N(μ,σ2/n). Standardiser en posant Z=σ/nXˉn−μ pour utiliser la table de la loi normale centrée réduite.
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Solution de la question 1 :
Par le TCL (avec n=100≥30) :
Xˉ100≈N(μ,nσ2)=N(4,1001,52)=N(4,0,0225)
L'écart-type de Xˉ100 est σ/n=1,5/10=0,15 min.
Solution de la question 2 :P(Xˉ100>4,25)=P(Z>0,154,25−4)=P(Z>1,667)=1−Φ(1,667)≈1−0,9525=0,0475Solution de la question 3 :P(3,8≤Xˉ100≤4,2)=P(0,153,8−4≤Z≤0,154,2−4)=P(−1,333≤Z≤1,333)=2Φ(1,333)−1≈2×0,9088−1=0,8176
Il y a environ 81,8% de chances que la moyenne d'un échantillon de 100 clients soit comprise entre 3,8 et 4,2 minutes.
Exercice 14 : Approximation de la loi binomiale par la loi normale et intervalle de confiance
Difficile
Une chaîne de production génère des pièces dont la probabilité de défaut est p=0,08. On prélève un lot de n=500 pièces et on note X le nombre de pièces défectueuses dans ce lot.
Vérifier que l'approximation normale de la loi binomiale est justifiée. Donner la loi approchée de X.
Calculer P(30≤X≤50) grâce à l'approximation normale (avec correction de continuité).
En supposant que le lot observé donne p^=46/500=0,092, construire un intervalle de confiance asymptotique à 99% pour p. On rappelle que u0,005=2,576.
Indication
La correction de continuité remplace P(a≤X≤b) par P(a−0,5≤X≤b+0,5) pour une variable entière approchée par une variable continue. Pour l'IC à 99%, utiliser u0,005=2,576.
Voir le corrigé
Solution de la question 1 :
X∼B(500,0,08). Conditions : np=40≥5 et n(1−p)=460≥5. ✓
X≈N(np,np(1−p))=N(40,36,8)⇒σX=36,8≈6,066Solution de la question 2 :
Avec correction de continuité :
P(30≤X≤50)≈P(29,5≤X≤50,5)=P(6,06629,5−40≤Z≤6,06650,5−40)=P(−1,731≤Z≤1,731)=2Φ(1,731)−1≈2×0,9583−1=0,9166Solution de la question 3 :e=2,5765000,092×0,908=2,5765000,083536=2,576×0,01293≈0,0333IC99%(p)=[0,092−0,0330,092+0,033]=[0,0590,125]
On estime, avec un niveau de confiance de 99%, que la proportion réelle de pièces défectueuses se situe entre 5,9% et 12,5%. La valeur nominale p0=8% appartient à cet intervalle : aucune dérive significative n'est détectée au seuil de 1%.